Shanghai Flow

Bloggy Poetic X-perience

26 novembre 2005

Hélène Carrère d'Encausse

J'ai depuis peu décidé d'inaugurer une série de portraits dans Shanghai Flow dont voici le premier.

Je n'ai aucune idée des codes habituellement utilisés par la bienséance, aujourd'hui on emploie plutôt l'expression politiquement correct, pour cet exercice de style. Donc je demanderais une attention non pas complaisante mais indulgente.

Laissez moi vous présenter :
TA DAM !!

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Hélène Carrère d'Encausse
Née Hélène Zourabichvili le 6 juillet 1929 à Paris.
          Secrétaire perpétuel de l'Académie Française

Commandeur de la Légion d'honneur
Officier de l'ordre national du Mérite
Commandeur des Arts et des Lettres
Commandeur de l'ordre de Léopold de Belgique
Commandeur de l'ordre national de la Croix du Sud du Brésil

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Oui...Et pas que ça...

Voici une personne qui appartient à l'une des plus prestigieuses institutions française.  Décorée de tout ce la République possède de plus glorieux, Hélène Carrère d'Encausse, d'origine russe de par sa famille, possède également une renomée internationale.

Jugez du peu. Docteur honoris causa de l’université de Montréal, professeur invité dans de nombreuses universités étrangères, membre de la Commission des sages pour la réforme du Code de la nationalité en 1986-1987, élue au Parlement européen en juin 1994, elle est vice-président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense ; vice-président de la commission des Archives diplomatiques françaises et la liste de ses titres et postes occupés est si longue que je préfère m'arrêter là.

interrogation

Mais pourquoi en faire un portrait ?
Je n'ai jamais lu un seul de ses nombreux ouvrages sur Lénine, Catherine II ou sur l'histoire de la Russie, au grand damn de ma culture générale qui s'en trouve surement affaiblie
.
Tout ce que je sais d'elle provient d'une interview que notre Immortelle, au même titre que Leopold Sedar Senghor ou Marguerite Yourcenar, donna à la chaîne de télévision russe NTV le mardi 15 novembre 2005. Cette information fut entre autre transmise par Libération.

Questionnée au sujet des violences urbaines faites par les dénommées racailles dont Monsieur le Ministre de l'Intérieur souhaiterait débarrasser les quartiers au moyen cocasse d'un Karcher, notre Académicienne y est allée de son analyse en répondant ceci :

Je décompose visuellement le texte de la réponse de notre Commandeur de la Légion d'honneur :

«Ces gens,
ils viennent directement de leurs villages africains.
Or la ville de Paris et les autres villes d'Europe,
ce ne sont pas des villages africains.
Par exemple, tout le monde s'étonne :
pourquoi les enfants africains sont dans la rue et pas à l'école ?
Pourquoi leurs parents ne peuvent pas acheter un appartement ?
C'est clair, pourquoi : beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames.
Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants.
Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements,
mais Dieu sait quoi !
On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues.»

Tout d'abord je note et salue l'effort de compréhension de notre Officier de l'ordre National du Mérite qui donne enfin une raison enfin plausible au fait que ces enfants courent dans les rues.
Même si dans les rues en question ils sont accessoirement poursuivis à tort où à raison par des membres des forces de l'ordre. C'est une raison mineure certes mais c'est dans certaines situations une excellente raison pour la jeunesse de s'exercer à la course à pied.

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Parlons maintenant de ces gens comme dit notre brillante Commandeur des Arts et des Lettres.

Je me suis livré à un exercice de fiction assez simple et je l'avoue tiré par les cheveux. Je vous préviens, il ne s'agit dans ce qui va suivre que d'un exercice de style fictionnel et totalement déconnecté des propos rapportés de notre Commandeur de l'ordre de Léopold de Belgique lors de cette interview accordée à la chaine de télévision russe.

1 - Changeons le mot africains par celui de juifs.
2 - Imaginons ensuite que cette phrase fut prononcée il y a longtemps par un commentateur durant les évènements tragiques du soulèvement du ghetto de Varsovie en Pologne, qui eurent lieu du 19 avril au 16 mai 1943. Evènements lors desquels la communauté juive se révolta avec un courage héroïque contre la tyrannie exercée contre eux par les forces de l'ordre nazies. Aucun rapport avec notre actualité cela va de soi.   

«Ces gens,
ils viennent directement de leurs villages juifs.
Or la ville de Paris et les autres villes d'Europe,
ce ne sont pas des villages juifs.
Par exemple, tout le monde s'étonne :
pourquoi les enfants juifs sont dans la rue et pas à l'école ?
Pourquoi leurs parents ne peuvent pas acheter un appartement ?
C'est clair, pourquoi : beaucoup de ces juifs, je vous le dis, sont polygames.
Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants.
Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements,
mais Dieu sait quoi !
On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues.»

Alors ? Quel effet produit notre petit exercice littéraire ? Je me permet de répondre le premier : il montre un propos insipide, qui fait frissonner de dégoût et qui n'a aucun fondement réel ni objectif. Une diffamation honteuse où l'amalgame facile y côtoie le mauvais goût teinté d'un mépris abyssal. Attention, je ne parle ici que de notre exercice littéraire fictionnel et totalement ridicule.

Quand aux propos tenus ou pour le moins rapportés par Hélène Carrère d'Encausse, ils ne me soutireront qu'un misérable commentaire : entre l'Académie Française et la Star Académie je ne sais plus vers laquelle de ces deux vénérables institutions confier le destin de ma pauvre France.

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Jean d'Orson
Pour Shanghai Flow

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21 novembre 2005

Tarzan Is Alive

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Tarzan, The Ape Man

Voici l'étonnante adaptation pour le cinématographe du roman d'E. R. Burroughs, réalisé par Woody Strong Van Dyke (USA, 1932) avec le sculptural Johnny Weissmuller.

O mes aïeux ! Quel spectacle !
Il me fut donné d'assister à une projection de ce film à peine une année après sa sortie américaine dans l'une des plus belles salles de cinéma de Shanghai. Pour mémoire, c'était le Cinéma Cathay 868, Avenue Joffre. Oui il y avait bien une Avenue Joffre à Shanghai du temps où j'y habitais.

Alors je ne résiste pas au bonheur de partager le plaisir éprouvé en revoyant ce monument l'autre soir sur Arte, cette chaîne publique de bon aloi. Chaîne pour laquelle j'ai un vive admiration. Malgré sa tendance à vouloir pousser le téléspectateur vers la consommation d'anxiolytiques, elle parvient à nous proposer des chefs d'œuvres comme celui dont je vais parler.

Voici le synopsis de Tarzan, l'Homme Singe, synopsis que d'aucuns appèlent le pitch avec cette emphase caractéristique des penseurs de gauche.

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LE PITCH DONC

Fille d'un aventurier installé en Afrique de l'Ouest, Jane Parker rejoint son père pour une expédition à la recherche d'un légendaire cimetière d'éléphants se trouvant aux alentours de la montagne Mutia.

Mais très vite, cette expédition subit de fortes tensions. Les indigènes ne voient pas l'ascension de la montagne Mutia d'un œil favorable et les explorateurs, blancs sous tous rapports, sont impatients d'y aller, balayant d'un coup de fusil les coutumes locales jugées rétrogrades et contraires à l'esprit civilisé du grand capital...

Mais voici qu'un cri effroyable perce les profondeurs moites de la jungle.

Une cri terrifiant, capable à lui seul de faire fuir une horde d'hippopotames cannibales prêts à dévorer nos aventuriers blancs. Le paroxysme est atteint lorsque Jane, la seule femme de l'expédition, est enlevée...

Cet aperçu est malheureusement incapable de vous dire combien ce film est une mine de renseignements sur les mentalités de l'époque à laquelle il fut réalisé. C'est de ce point de vue un pur plaisir pour l'esprit du joyeux penseur.

Les vraies bonnes raisons de regarder Tarzan, The Ape Man :

Les dialogues d'Ivor Novello, à qui l'on doit la phrase aujourd'hui culte : Moi Tarzan, toi Jane. Des dialogues saupoudrés tout au long du film d'un racisme assumé de l'acabit de : Bwana, porteurs avoir peur. Et encore je laisse les "r". Une certaine école pour l'écriture des dialogue qui perdurera bien longtemps. Et perdure encore de façon plus subtile aujourd'hui.

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Me Tarzan, You Jane

Les images. Une féerie surréaliste en noir et blanc. Qu'elles soient tronquées, grossièrement truquées ou fardées d'effets spéciaux dignes d'un théâtre de marionnettes, elles sont sublimissimes.
On y mélange image de films documentaires de l'époque avec les scènes et dialogues tournés à Hollywood sans le moindre souci de raccord ou de vraisemblance. Un pur délice, les tribus africaines en arrière plan qui dansent à l'arrivée de la jolie Jane discutant avec son père l'explorateur au premier plan sont un pur bonheur. Dans Tarzan, l'Afrique n'est qu'un vaste décor. Habitants et animaux d'Afrique ont la même fonction que les arbres de la jungle. Une jungle qui tient plus du jardin d'Eden revisité par le Hollywood et ses fantasmes que d'une véritable jungle africaine. Mais qui s'en plaindrait ?

La faune dans Tarzan. Tout d'abord les singes. Singes qui aujourd'hui ne feraient pas illusion, pas même chez un nourrisson. Je parle de ces "choses" grotesques à mi-chemin entre le zombi et l'extraterrestres poilu. Une pensée pour les courageuses personnes qui ont endossés ces épouvantables costumes à l'époque. Les éléphants dont la dignité fut atteinte. Ne disposant pas de vrais éléphants d'Afrique pour jouer les éléphants, Les responsables du film se sont servis d'éléphants d'Asie aux oreilles desquels ils ont attaché d'énormes oreilles postiches en carton pâte rigide. A mourir de rire. Les crocodiles hilares ou mieux les hippopotames carnivores qui dans une scène surréaliste se mettent à attaquer les personnages avec une frénésie peu commune.

Le fameux cri inhumain de Tarzan, l'homme singe en question. Cris issus d'un des premiers Tarzan moitié parlant de 1929 mais dont la production jugea bon pour l'occasion d'ajouter quelques distorsions sonores en studio. Le cri de Tarzan, sachez-le, peut devenir une véritable arme sonique si vous montez trop fort le volume de votre téléviseur.

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Jane (Maureen O'Sullivan)

Les acteurs. Eblouissants tel Sheeta (remarquable chimpanzé qui fit ses débuts dans ce film) et bien sur l'athlétique Johnny Weismuller qui semble se demander à chaque scène ou se trouve la piscine ; incarnant ainsi la quintessence de l'humain revenu à ses instincts les plus primaires.
Et je n'oublie pas Maureen O'Sullivan qui campe une Jane à la beauté resplendissante, courageuse et ingénue. Sa tenue légère dans ce film provoqua d'ailleurs des scandales autrement plus virulents que ceux plus récents et entendus de Sharon Stone ou Madonna.

 

LES ROLES DANS TARZAN
 

Dans l'ordre d'importance : Tarzan, Jane, Sheeta, les méchants et les gentils animaux de la jungle, le papa de Jane et le copain du papa de Jane. Copain du Papa de Jane très amoureux de Jane et du coup très jaloux de Tarzan l'homme singe parce que Jane le préfère à lui. Bien que je comprenne le pauvre garçon, il faut quand même avouer que Tarzan crie plus fort et que Jane semble très mélomane.

Les autres rôles : les porteurs noirs, tous les autres noirs (non porteurs, sauvages et bizarrement vêtus ou pas) et enfin les pygmées. D'ailleurs étrangement "hydrocéphales" pour des pygmées. La place qui est faite aux noirs dans ce film étant supposé se passer sur le continent africain (quelque part entre Malibu et Santa Monica) laisse assez songeur.

Quand au sort qui est fait aux "pygmées" je vous laisse juge.

Ils sont, dès leur première apparition, présentés comme de furieux minis sauvages passant le plus clair de leur temps libre à jeter des sagaies empoisonnées sur les porteurs noirs de l'expédition.
Ce qui prouve au passage que le pygmée lui aussi n'est pas exempt de préjugés raciaux car il évite soigneusement de viser de sa sagaie empoisonnée les blancs de l'expédition. Pourtant cibles bien plus visibles de nuit.

D'ailleurs, n'ayant pas eu de pygmées authentiques sous les bras, la production de Tarzan embaucha une pléthore d'acteurs noirs américains de petite taille pour les incarner. D'où le côté un tantinet "hydrocéphale" de nos pygmées.

Petite chose qui me turlupine à propos de Tarzan. Expliquez-moi comment un enfant blanc, perdu au plus profond d'une jungle redoutable puis élevé par des singes est-il devenu le Roi de la Junge ? la JungleSe pourraient-il que les singes du coin avaient des préjugés contre les enfants noirs abandonnés ? Enfants noirs dont j'e suis en droit de supposer qu'ils étaient plus nombreux dans la région que les petits fils de Lords Anglais.
Mais contrairement aux loups du Livre de  la Jungle de Kipling, les singes africains ont des préférences  en ce qui concerne l'adoption des petits d'hommes. Ils les préfèrent blancs.

A moins que seuls les blancs en ces temps colonialistes pouvaient perdre leur progéniture au fin fond des jungles africaines ? Mystère. La question reste posée mes amis.

Certains m'accuseront ici de vouloir briser le mythe d'un film qui fut d'ailleurs qualifié le Tarzan par excellence par certains exégètes (encore vivants) du septième art. N'oublions pas tout de même que la musique du film est signée Piotr Illyitch Tchaïkovsky, témoignant par là de son indéniable qualité. Non, loin de moi toute velléité sarcastique. Je considère simplement "Tarzan, l'Homme Singe"  comme l'incarnation parfaite à l'écran de l'idéologie de la suprématie de la race blanche. Chose assez naturelle dans la première moitié du 19ième siècle à en croire les historiens.

Ce que l'on peut admirer dans Tarzan et dans toute sa splendeur, c'est un racisme primaire et naïf. Un racisme qui s'ignore et qui n'en est donc que plus éclatant.

Et dire que le film fut qualifié de documentaire par certains commentateurs de l'époque...

Tarzan représente un témoignage irréfutable sur les mentalités en cours dans la première moitié du 20ième siècle. Ce film fut une propagande mondiale au service d'une idéologie raciste fondée sur la suprématie de l'homme blanc.
Suprématie évidente sur les singes bien évidemment mais également, et dans une plus large mesure, sur les noirs quand on examine les rôles qui leur sont attribués. Mais, pourais-t-on m'opposer, c'était il y a très longtemps.

Quand à l'impact de cette idéologie sur l'évolution des mentalités et des valeurs universelles, je pose une seule question : qui ne connaît pas Tarzan ?

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P.S : Concernant Sheeta (ou Cheeta selon les fantaisies de l'orthographe de chacun), l'une de mes connaissances m'a affirmé sans trembler le moins du monde que cet honorable primate était encore vivant en 2004.

S'il s'agit du même chimpanzé qui figure aux côtés de Johnny Weissmuller dans ce film tourné en 1932, je suis curieux de savoir où l'animal se fournissait en bananes.

N'hésitez pas à m'en tenir informé si vous avez la moindre information à ce sujet.

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Jean d'Orson
pour Shanghai Flow

 

 

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20 novembre 2005

Audimat Blues (Télé Réalité part 1)

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"On vous tiens à l'oeil."

La télé réalité. Ces émissions hautes en couleur et riches en rebondissements variés qui illuminent le petit écran de nos chers foyers. Enfin le foyer de ceux qui n'ont pas encore arraché les touches 1 et 6 de leur télécommandes en les jetant par la fenêtre avec une frénésie animale en poussant ces glapissements que l'on entends chez les personnes enfin libérées d'un envoûtement vaudou.

Je ne perdrais pas mon temps à agoniser comme tant d’autres le font ces productions audiovisuelles. Ce serait bien trop onéreux en adjectifs dépréciatifs. Il me suffira d'une phrase de cinq mots. C'est de la merde. Et celle là ne porte pas bonheur.

Par contre, ce qui me préoccupe et me donne à réfléchir sur la condition humaine ce sont les individus qui préparent et réalisent cette télé poubelle (les journalistes modernes disent télé trash, c’est pas français mais pleins de gens qui prennent de la bonne coke le disent…).
Ces personnes ont ils jamais éprouvé, même à l’état de protozoaires une once de compassion pour leurs congénères humain ?

Comment en sont arrivés à concevoir pour les cerveaux de leurs semblables ces émissions à faire pâlir n'importe quel programme de solution finale ? Il y a-t-il un complot de la caste médiatique contre les parias que sont la masse des téléspectateurs ?

J’imagine, non sans me faire violence, le processus se mettant en place dans l’esprit d’un créateur d’une émission de Real-TV (comme disent les gens qui prennent de la bonne coke).
Nommons ce créateur un télé-réaliteur , question de verser dans le néologisme et la francisation radicale. Il y a le télé-réaliteur, celui qui crée les programmes et les télétrasheurs (autre invention personnelle), celui qui subit les délires du télé-réaliteur en étant candidat volontaire dans le programme.

Notre télé-réaliteur se lève un matin, la tête encore lourde du bourre-pif de la veille avec ses copains qui bossent dans la pub.
Il se prénomme Matthieu, il a 36 ans. Petit il adorait Casimir mais depuis le jour où il apprit que l’île aux enfants n’était pas dans les nuages mais dans un studio, assez minable il faut dire, à Boulogne, Matthieu en veut un peu au monde entier.
Matthieu travaille pour une société de production de programmes de real tv. Disons Enbémol Productions (toute ressemblance avec une société réelle n'est que pure coincidence).

Le poste de Matthieu : conceptualisateur des programmes. Je sais qu’aucun dictionnaire ne vous aidera à corriger ce mot mais c’est bien le terme employé dans la profession. Il s’agit donc bien d’un travail moderne, à la pointe même de la modernité.

Un conceptualisateur de programmes de téléréalité, notre télé-réaliteur donc, a pour but de réunir un groupe de gens, les candidats ou télétrasheurs, au moyen de castings « hyper » sélectifs dans un premier temps.
Ensuite il devra trouver un endroit ou entreposer ces candidats dans le but avoué de les filmer en permanence. L'endroit peut varier.
De la villa de nabab à l’île déserte au confins du monde civilisé, en passant par un château meublé des pires articles de chez Ikéa et décoré avec le plus de mauvais goût possible. Pour coller un tantinet à la réalité des spectateurs quand même.
Enfin, dernière étape, le télé-réaliteur doit trouver Le Scénario.

Et c’est là qu’il révèle ou non son talent de télé-réaliteur au reste de la corporation des télé-réaliteurs. Car le scénario doit être suffisamment vicieux afin d’obliger les candidats cobayes à révéler de gré ou de force les pires travers de leurs personnalités au restant de l’humanité et de plus, le scénario doit faire mieux (mieux c’est le terme qu’emploie le télé-réaliteur, l’humain lambda dirait pire) que les différents programmes de télé réalité précédents.

    Et là il faut vraiment qu’il justifie son gros salaire de télé-réaliteur.
    On a néanmoins pu constater dans notre pays quelques vicissitudes à ce niveau.

    Il faut savoir qu'après Greg le Millionnaire (vous savez le faux plombier marseillais qui en vérité travaillait dans l’industrie du charme très dur) le télé-réaliteur qui s’occupait de conceptualiser la suite à dit :
« On n’a qu’à faire une suite mais avec un concept super top différentiel ».
    Tous ses amis, en vrac (au propre et au figuré) autour d’une piscine privée à Ibiza se sont alors retournés vers lui, l’air vaguement intéressés.
« On a qu’à prendre l’une des candidates de l’année dernière, la super bonne asiatique que tout le monde détestait par exemple et en faire le point climax (avec l’accent anglo-saxon de français qui prends de la bonne coke). Ce serait elle qui sélectionnerait son futur mari. »
    Il n’y eut aucun remous autour de la piscine. L’idée fut donc adoptée à la majorité.
    L’émission fut produite et enregistrée : échec retentissant, le télé-réaliteur remercié (il sévit dans la publicité maintenant) et l’on s’empressa vite de trouver un nouveau conceptualisateur.

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Jean d'Orson
pour Shanghai Flow

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12 novembre 2005

France : La Banlieue Zéro

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Bouna (15 ans) et Zyed (17 ans)
Deux adolescents morts électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy sous-Bois.
Pourquoi ?

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Jean-Claude Irvoas (56 ans)
Mort à Epinay sur scène après agressé par trois malfaiteurs pour un appareil photo.
Pourquoi ?

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Des voitures, des bus, des écoles brûlent. Pourquoi ?

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Pourquoi Monsieur le Président de la République Française ?

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Pourquoi Monsieur le Premier Ministre ?

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Pourquoi Mr Le Ministre de l'Intérieur ?

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Pourquoi Messieurs les membres de l'Opposition ?

Voici plus d'une décade que je ronge mon frein (comme disent les garagistes) à vouloir écrire quelques notes au sujet des évènements calamiteux qui ont secoués notre pays et le marqueront durablement.

Quand je dis notre pays je parle de la France ou de ce qu'il en reste. Aucune méprise sur le ton acerbe employé. J'aime mon Pays, je me considère comme un patriote (surtout ne pas confondre avec un nationaliste). J'aime, pour être plus précis, l'idée que je me fais de mon Pays : La France.

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Mais à le voir si maltraité depuis trop longtemps par une classe politique majoritairement arriviste, égocentrée sur sa conquête du pouvoir et qui ne sais plus faire rêver avec de belles et grandes idées sans allier copier sur des modèles extérieur ou en se raccrochant aux vieilles formules passéistes.

A le voir si dénaturé et manipulé par cette secte adoratrice de la sacro-sainte objectivité composée d'individus bien souvent méprisables qui s'arrogent le titre de journalistes et qui dans leurs petits cercles de réalité nombrilesque nous fabriquent chaque jour des tonnes d'idées toutes faites et prêtes à penser.

J'en arrive à me demander si je ne suis pas seul à vivre dans une France qui n'existe plus que sur les frontons des édifices publics.

Comment aborder les évènements que nous ont relatés les informations ces derniers temps ?

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C'est bien la haine qui est le premier des sentiments que je ressens devant ces évènements.
C'est comme ça. Je ne cautionne pas ce sentiment loin de là. Mais quand il s'impose il faut l'affirmer.

La haine de voir et d'entendre les réactions qui fusent de part et d'autres de la chaine politique et des chaines des médias. La haine d'entendre autour de moi certains de mes compatriotes dire à peu près tout et n'importe quoi.

Alors je vais y aller de mon propre n'importe quoi.

Comme je n'ai plus seize ans et que mon libre arbitre est à peu près construit , je me contenterais de ne brûler que ces quelques lignes pour extérioriser cette rage qui n'a fait que croître en moi au fur et à mesure de l'évolution des évènements et surtout de leur exploitation médiatique et politique.

Forcément, la haine étant par nature le sentiment irraisonné number one, ce que j'écris n'aura ni queue ni tête. Je mettrais moi aussi mon grain de sel dans la cacophonie ambiante.

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Un soir, j'entends un journaliste employer l'expression : GUERILLA URBAINE !
Je me suis retenu de balancer mon poste par la fênetre.

GUERILLA URBAINE pour commenter ce qui se passait à Clichy sous-Bois !!

GUERILLA URBAINE !!

Que l'on emploie cette expression pour décrire ce qui peut se passer en Irak passe, mais à CLICHY SOUS BOIS ????
ET CELA NE CHOQUE PERSONNE ??

Quand un homme politique dérape dans son langage, comme il fut reproché au Ministre de l'Intérieur de notre pays, tout le monde s'empresse de le condamner (à juste titre) mais qui s'empresse de condamner le journaliste qui dérape de même ??? Je lui aurais déchiré sa carte de presse sur le champ.

J'en arrive à hair les journalistes télé. Je ne hais pas les personnes, pas d'amalgames en ce qui me concerne, mais j'abomine le professionnel de l'information ou tous ceux qui se prétendent tels et qui trahissent de fçon flagrante leur mission d'informer.

Certains mots sont criminels lorsqu'on les emploie et je trouve que trop de journalistes sont coupables de ne pas appliquer une rigueur exemplaire en ce qui concerne leur façon de relater certains faits.

A ne pas surveiller sa manière de parler et c'est la réalité que l'on décrit qui deviend incontrôlable. Et un Journaliste est aux premières loges. Watch Your Mouth young man !!

A voir l'usage que font certains journalistes de leur médias, je ne peux que dévelloper un sentiment de rage surtout quand l'actualité se fait grave et dramatique.

Je connais les chemins qui mènent ces têtes, trop souvent blondes (tiens donc), à briguer un poste à la télé ou sur les radios. Heu j'ai fais science-po mais j'aime pas la politique alors je fais journaliste. Cool, on verra ma pomme au 20 heure ! Ou je ferais un papier bien torché sur Libé. J'exagère bien sur mais puisque c'est à la mode...

Ce même Libération pas fouttu d'écrire correctement le prénom Bouna, l'un des deux jeunes garçons décédés. Fabrice TASSEL et Karl LASKE ont préféré écrire Banou au lieu de Bouna. C'est juste honteux et lamentable. C'est si dur que ça de faire son travail le plus sérieusement possible ?

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A force de connivences et de vase clos intellectuel entre personnes de même caste, ces gens-là, comme disait Brel, ne font que véhiculer des discours qui les protègent des affres d'une pensée trop libre, trop à l'écoute ou trop engagée.

Résulat les médias, au nom de la toute puissante objectivité qu'ils invoquent à chaque minute, tombent dans le consensuel, le sensationnel voire même l'irréel. Albert Londres si tu nous écoute...

deontologie

Il doit y avoir une exigence morale et intellectuelle quand on prend la responsabilité de transmettre à autrui une information.

Un code de déontologie doit être appliqué pour limiter chez ceux qui reçoivent l'information la désastreuse obligation d'être soumis à une propagande ronronante et bien objective.

Chère caste des médias, si le peuple peut sanctionner les politiques, quel est le pouvoir qui peut vous mettre à l'amende ? Il n'existe pas et j'en suis fort marri.

Mais le jour où vous saurez les désastres que font vos commentaires lapidaires dits avec votre sacro-sainte objectivité et que vous prendrez la mesure infernale de votre responsabilité sur l'opinion publique, un pas vers la liberté de penser sera franchie. Apprenez ces règles par coeur pour commencer.

Devant tout actualité, tout évènement survenant qui perturbe, interpèlle ou altère le cours des choses :

1 - Établir une chronologie des Faits d'une précision irréprochable.
2 - Tenter d'expliquer les faits par leur causalité en intégrant TOUS les points de vue et témoignages qui mènent à cette explication. Privilégier le témoignage des individus liés aux faits au lieu de lui préférer celui du politique de service.
3 - Lors de la relation des faits choisir avec une extrème attention les mots que l'on utilise.
4 - Dans le cas d'une relation des faits par la diffusion d'images filmées ne JAMAIS présenter les images sans y associer aussitôt celle d'un journaliste responsable du document présenté et TOUJOURS respecter les règles 1, 2 et 3 durant la diffusion du document. Si le document ne permet pas le respect de cette règle, ne pas le diffuser MAIS le présenter sans.

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Et alors SURTOUT :

INTERDIRE LA STARISATION du journaliste-télé.

Que ce ne soit PAS la même personne qui nous présente le dernier attentat dramatique ayant couté la vie à plus de 50 être humains et qui enchaîne juste après en souriant sur le score de telle équipe de football contre telle autre. Cela déshumanise l'information et favorise les amalgames et l'indifférence.

C'est dangeureux ! Cela relativise dramatiquement la gravité d'une information par rapport à une autre. Cela dévelloppe l'insensibilité du regard et de l'esprit. Tout est Egal donc tout m'est égal.

Repensez votre métier chers journalistes, il est grand temps et urgentissime de le faire. Albert Londres, si tu nous écoute...

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Faillir à ces règles signifie simplement :

Une manipulation des citoyens par le biais de l'information à des fins obscures de préservation des privilèges de conforts (intellectuels, moraux ou financier) d'une classe politico-médiatique. Que vogue la galère... Après le 20 heure moi je bats l'beurre...

Le média le plus dangereux est celui qui est le plus facilement accessible.

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Serge July et Sarkozy  - Dessin par © PLACIDE

L'information nous aiguille vers ce qu'il leur faut penser ou ne pas penser. Plus la transmission de cette information est riche et nous présente la réalité dans sa complexité, plus nous pouvons affiner nos opinions. Malheureusement celle qui nous est présentée est fragmentée au nom de cette soi-disant "objectivité" de façade. Au final l'on ne fait que nous présenter du convenu et de l'immédiatement assimilable.

Bien fait, un journal télé durerait au moins 5 heures.

Il n'y a qu'ainsi que l'on peut informer sans travestir la réalité. Autrement ce qui est fait n'est que l'accréditation benoîte du discours qui flotte dans l'air du temps. Une air qui n'est pas respirable bien souvent.

Les bagnoles brûlent mais les médias restent. Et au fait quid de la grippe aviaire ? Disparue ?

Pantins du pouvoir et victimes de leurs propres limitations. On vote pour des politiciens qui prétendent apporter d'autres solutions à une réalité bien souvent frelatée par les médias. Le politique est soumis à la sanction d'un vote populaire, mais qui parmi le peuple sanctionne les médias ? L'expression "le quatrième pouvoir" vous dit quelque chose ? Qui l'investit et qui le sanctionne ?

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De plus, à entendre les opinions qui se font ici où là, je ne peux que me dire que ce Pays est mort. Mort à ses idéaux. La seule note d'espoir, c'est que la France, devenue cette grande boîte à l'usage presque exclusif de gentils bobos clubbers branchés intellos et blasés, rejettons directs des soixante-huitards à enfin tombé le masque. Le masque de l'hypocrisie.

Quand la France par le biais d'un vote populaire à rejetté la Constitution Européenne telle qu'elle était présentée, que n'ont pas dit les représentants des médias, les politiques et les gentils bobos clubbers branchés intellos et blasés ? Ils étaient attérés.

Comment était-ce possible que la majorité ne pense pas comme le font ce petit milliers de personnes qui seuls possèdent le privilège de penser mieux et pour tout le monde ?

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Quand les voitures, les bus, les écoles ou les gymnases brûlent, la France s'étonne et feint de découvrir qu'il existe encore et toujours un problème avec les cités. Le véritable problème est que la France EST un pays raciste. Disons le ouvertement, il n'y a plus de raisons de le cacher. Le problème est maintenant visible aux yeux du monde entier.

Et plus la peine de venir me les briser encore avec des rhéthoriques foireuses commençant par : Oui mais c'est pire aux Etats Unis ou là-bas au fin fond de l'Ouzbekistan ou au Zaire ou encore en Chine. En France, c'est toujours pire ailleurs. Nous n'avons que trop rarement le courage de regarder résolument et positivement notre pays en Face.

En attendant, Martin Luther King ou Malcom X sont bien américains. Et en france qui avons nous qui s'est élevé pour combattre ardement les injustices faites au nom des différences de races ? Harlem Désir ? Super ! Touche Pas à Mon Pote ou I Have A Dream ? Il est temps de réviser nos valeurs et la façon de les défendre.

On a toujours voulu se voiler la face en se cachant derrière les apparences trompeuses des idéaux hérités de la Révolution Française. Révolution dont nous sommes si fiers, mais au fait, où sont-ils les révolutionnaires dans ce pays aujourd'hui ?

Racistes nous ? Non... C'est là ou le bas blesse. Nous nous sommes servis du mot Fraternité pour prétendre qu'en france nous sommes tous frères et soeur. Cette formidable France multiculturelle portée aux nues lors de la victoire de l'Equipe de France de Football. Au football c'est bien, mais cette France là je veux la voir dans les administrations, à l'assemblée, cadre dans les grosses entreprises ou encore sur les chaines télévisées à faire autre chose que de chanter et de marquer des buts.

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L'Arnaque Black, Blanc, Beur.

D'ailleurs personne n'est choqué que dans ces trois mots - Black, Blanc, Beur - il n'y a que Blanc qui soit un mot normal et qui désigne bien ce qu'il désigne. Black c'est de l'anglais et beur du verlan d'un mot du verlan. Noir ? Arabe ? Maghrébin ? Connais pas puisque nous sommes tous frères et soeurs.

Pourtant, j'en vois très peu de frères et soeurs noirs, bien crépus, bien basanés, bien maghrébins en politique, sur les grandes chaines nationales, à la banque, cadres dans mon entreprise, dans mon administration. Il y en a. Mais très, très, très petit peu. C'est qu'ils sont pas nombreux en France c'est ça ? Tiens pourtant c'est étonnant, dans les cités il semblerait qu'ils habitent tous là ces français là.

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Les cités. Ces endroits tout bizarres que la grande majorité des autres français ne connaissent que par écran-télé interposé. Quand ça brûle surtout. Quand il s'y passe quelque chose susceptible de faire pousser des cris d'orfraies au reste du Pays.

Les cités, là-bas où personne n'y met les pieds parce que y a rien à y faire.
Tiens donc... Rien à y faire dans les cités... Etrange.

Dans les cités ça bouge, regardez ils ont les ZUP, les ZEP, les ZUS, les ZIP, les ZOP et surtout les ZAPPES !! Tout ces noms qui commencent avec la Lettre Z. Comme Zéro ou comme Zone. Ce sont des Zones dans lesquels vivent un bon paquet de nos compratriotes. Des Zones. Mais qui cela gène ? Moi ne me gêne pas, ça me met juste la haine.

Qui cela à géné que tout un quartier de Varsovie reçoive le nom de Ghetto lors de la deuxième guerre mondiale ? Moi ça ne me gêne pas, ça me met juste la haine.

Mais dans les cités ça bouge ! Regarde les Zones Franches et ces grosses boîtes affranchies qui emploient des gens du quartier. Combien de gens du quartier ? Deux. Deux gens du quartier.
Je suis ici précisément caricatural car les entreprises en Zones Franches (ZFU) ont l'obligation de recruter au moins un tiers de leurs salariés parmi les résidents de la zone, en CDI ou en CDD d'au moins douze mois. Mais comment ne pas caricaturer alors que le touvenant ne se gène pas de le faire quand il s'agit des banlieues et des français différents de sa conception du français ?

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Racistes nous les Français ? Mais comment peut-on dire cela ? Aux états-unis oui ils sont racistes, il n'y a qu'à voir comment c'est à La Nouvelle Orléans ! Tous ces noirs, pauvres, miséreux, parqués dans des ghettos et abandonnés par l'Etat fédéral.

La Nouvelle Orléans. Rappellons nous des titres et articles de la bonne presse de France, pointant la façon scandaleuse dont les Etats-Unis traitent leurs propres ciyoyens. Nous les français, exemplaires donneurs de leçons. Il est bon d'en donner mais il serait préférable de commencer par soi-même. Charité bien ordonnée...

Et la vieille Orléans on en parle quand ? Je parle de la nôtre, celle qui se trouve en France. C'est surement mieux que la Nouvelle Orléans va ! Ici, le ghetto s'appelle la cité, en plus des noirs on a des arabes, ils ont le RMI et ils vivent dans des HLM construits par l'Etat. Alors, que demande le peuple et de quoi se plaint-on ? Ne sont-ils pas mieux nos noirs à nous ? Pauvre pays !

Les images de ces quartiers de France ou une minorité d'imbéciles brûlent des voitures ont fait de la France la risée du reste du monde.

Et j'en suis heureux car cette humilité là est salutaire. Du moins je l'espère. Soyons fous et naïfs puisque tout le monde est si sérieux et si peu dupe.

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Le peuple français justement, c'est qui au juste ? Le vrai peuple au sens populaire, au sens où on l'entendait en france dans les années 30, 40, 50. Le bon peuple de France qui parlait comme Audiard et Gabin. Il est où ce peuple là ? Ah nostalgie quand tu nous tiens !

Je sais où il se trouve le PEUPLE de FRANCE.

Il a changé et il se trouve aussi dans les quartiers des cités laissées pour comptes par la Nation Souveraine. C'est là que se trouve le vrai peuple de France. Le peuple populaire.

Mais il ne ressemble en rien où trop peu avec les représentations surfaites et alimentées par la majorité de la nation. Donc il est mis de côté. A l'écart dans les cités que l'on à encore l'impudence de montrer du doigt.

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Tant que personne n'aura intégré ça et ne l'aura pas bien câlé au fond de son esprit, les bagnoles continueront à bruler et plus ça ira plus c'est l'idée même de France qui brûlera à son tour.

Toutes les discriminations qui s'accumulent aboutissent inéluctablement à des évènements graves. Masquer le problème ou croire le cantonner par la répression seule dans des quartiers enclavés et abandonnés de la république n'est que le prélude à de graves ennuis.

Mépriser nos cités c'est avilir la France.

J'aimerais juste que l'on me dise si la France populaire existe encore. A moins que nous soyons tous devenus de gentils bobos clubbers branchés intellos et blasés ?

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"Hey le Frenchy, ne laisse pas mourir la démocratie
comme tu as fait mourrir ton grand-père pendant la Canicule"

Maintenant peut-être que nous entendrons mieux les critiques que l'on peut nous faire. Peut-être...

Douce France mon Pays ! Je t'aime et je t'offre ce poème dans la joie et la douleur. Jolie chanson et c'est l'occasion de la fredonner encore. Mais sans les violons maintenant. Clair et fort.

Maintenant que l'hypocrisie de notre pays vient encore une fois de nous exploser au visage il est grand temps de changer TOUS les disques. Il est urgent de se retrousser les manches.

Et surtout, ne Zappons plus quand nous verrons une voiture bruler dans une ZEP !

Eteignons la télé et posons nous les bonnes questions sur ce qu'est La France et sur ce que nous voulons en faire. Ce qui se passe est grave et cela fait trente ans que c'est ainsi.

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La prochaine fois le feu.Ce n'est pas une prophétie, juste le titre d'un livre de James Baldwin qu'il est bon d'avoir lu. The Fire Next Time (1963)

Et pour les grincheux et les vieilles barbes bien pensantes un dernier mot. Je suis opposé à l'usage de la violence par qui que ce soit. Tout délit et agissement contraire à la loi de ce pays doit être sanctionné.

Tant que le souci de justice prévaut il n'y a aucune raison d'excuser le moindre délit et la moindre violence.

Tant que le souci de justice prévaut...

 

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Jean d'Orson
pour Shanghai Flow

Posté par Jean dOrson à 10:55:00 PM - Jean d'Orson - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 novembre 2005

Satan's Blog ?

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Jasper Goodall - Zombie

C'est la gorge rauque, les yeux lourds et fiévreux, le nez encombré, les membres du corps tout courbaturés que je viens encore me faire du tort aux rétines devant ce blog de malheur qui non content de me tirer comme par un sortilège puissant de mon lit de souffrance m'oblige à boire du café froid et à poser mes doigts peu prestes ce matin sur ce clavier.

Pour y écrire quoi ? Et bien rien qui en vaille la peine. Georges Bush est toujours président des Etats Unis d'Amérique, Mr Sarkozy mesure toujours 1m65 et ce n'est pas cette année que j'irais en excursion champêtre en Irak.

J'écrirais bien quelques anecdotes issues de mon passé asiatique. Mais parler de Shanghai en cette heure matinale m'apparait clairement comme une tentative perverse de mon subconscient pour me rappeler à quel point cette période fut riche et lumineuse en comparaison avec la triste réalité de mon quotidien actuel.
Mais n'allez point tirer d'hâtives conclusions sur la nature de mes intentions en me confiant de la sorte. Loin de moi l'envie de diffuser la moindre once de déprime contagieuse avec qui que ce soit, je laisse cela à plus compétent que moi en la matière.

D'ailleurs j’en profite, puisque j'aborde la question de la déprime et du blog, pour saluer d'un bon coup de chapeau, marque Mossant, ces personnes qui s'acharnent à mettre leur malheurs en accès libre sur le net. Je trouve ça épatant.
J'avoue que "surfer", douce France des anglicismes, sur certains de ces lieux de contrition intime ouverts au public produit sur ma psyché le même effet que du ginseng. Un excellent tonifiant pour ma propre santé mentale.

Considérez deux secondes la chose et vous conviendrez avec moi qu'il faut un zeste de génie pour arriver à mettre en valeur ses sentiments les plus morbides sur son blog. Un peu comme un fossoyeur consciencieux s'occupe des tombes de ses congénères défunts.
Petit florilège ceuilli sur l'écran de blogs sombres.
"Je suis nul (ou nulle aussi), moche, j'ai pas d'amis, je conspue les gens, je hais ce ventre, je l’aime lui mon ange noir, mais il s’est suicidé pour une autre qui me déteste, je veux mourir et si possible avec un épieu en chêne planté dans mon cœur putride, la noirceur (couleur récurrente) de mon blog est pareille à mon âme qui jette aux orties cette vie infâme etc..."
Ce n’est là qu’un aperçu rapide de la teneur de certaines pages personnelles que j’ai pu lire.
Les mauvaises langues disent de leurs auteurs qu’ils sont Gothiques, dégénérés mentaux, morbides ou voire amateurs pervertis de partouzes nécrophages. Mais je proteste énergiquement. Ces rejetons incontrôlés des fleurs du mal ne sont ni plus ni moins que d'authentiques romantiques. Accessoirement, peut-être, un peu "toc-toc de la cafetière" comme dit ma chère Tante Agnès mais très inventifs quant à leur conception décadente de la prose pixelisée. 

Un jour, et par le plus grand des hasards, je suis « tombé » sur un blog ou tout l’affichage était noir. Et quand je dis noir, c’était du fond d'écran jusqu'aux polices de caractères. Très conceptuel. Ma première impression fut que l’ordinateur avait « planté ». Mais, ô surprise, il y avait un texte bien caché !
Je dois avouer que je m'en suis rendu compte grâce à une embardée soudaine de ma souris et un click gauche fortuit dus à un réflexe pavlovien de détresse informatique.
Et là ma foi, je dois dire que j'allais de ravissements en ravissement.
La personne, qui répondait au doux pseudonyme de Mycose, semblait assez férue d'automutilations corporelles hardcore et de promenades nocturnes dans le cimetière local dans lequel, je cite : "il n'y a qu'ici, avec les cadavres décomposés, que je me sent vraiment vivante".
Autant vous dire que j'ai immédiatement pressé mon amah (vous savez, ma nourrice de Shanghai, toujours à mes côtés) de me servir une coupe de notre meilleur pétillant pour saluer l'incommensurable profondeur philosophique de cette phrase sublime.

Le seul reproche que je me suis permis de faire à notre amie Mycose par le biais d’un « commentaire », c’est qu'il est très pénible de lire une police de caractère en noir placée sur un fond d'écran tout aussi noir.
Ceci dit je comprends tout à fait le parti pris esthétique et si je lui avait conseillé d'éclaircir un tantinet le graphisme de sa page en y mettant des couleurs plus conviviales j’aurais fait preuve d'un mauvais goût réactionnaire doublé d'un manque de tact.
Mais je rassure le lecteur  Je dois avouer que j’exagère un tantinet car le noir n'est pas la seule couleur utilisée dans cette catégorie de blogs, il y a aussi beaucoup de rouge. Et il faut dire que les images souvent présentées dans ces lieux vous enseignent la différence entre les parties du corps intéressantes à mutiler de celles qui ne le sont pas. Bien qu'il m'ait semblé comprendre que rien dans l'absolu ne s'oppose chez nos amis à une mutilation générale voire définitive.

Bien, je dois suspendre là mes réflexions matinales. La grippe semble avoir momentanément raison de mes facultés de dactylographe.

Je vous ferais partager ultérieurement certaines de mes découvertes à l'endroit de ces blogs décidément pas si tristes que l’on aurait tendance à le croire.

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Jean d'Orson
pour Shanghai Flow

Posté par Jean dOrson à 10:47:00 PM - Jean d'Orson - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 octobre 2005

Note de Fin de Soirée

    Cet été fut assez éprouvant en ce qui me concerne. Entre un aller retour à Shanghai pour une conférence sur le vieux Shanghai et ma visite à mon ami Nevada Jim qui possède cet excentrique ranch dans l’Arizona, je n’ai guère eu le temps de poser deux lignes d’écriture. Ce ranch américain n’était pas de tout repos quand j’y repense. Barbecues et Country Songs de rigueur presque tout les soirs. Et mon dieu que le mexicain est bavard ! Très sympathique ce José Martinez, l’homme à tout faire de Jim, mais extraordinairement fertile en matière de conversation sur les différentes façons de marquer au fer le bétail. Quoi qu’il en soit cela change radicalement d’Ibiza en pleine saison.

    Enfin de retour chez moi. Home Sweet Home ! Mon amah, ma bien vieille nourrice, qui m’a suivit depuis que nous avons été boutés hors de Shanghai dans les circonstances que l’on sait, a pris son congé annuel. Deux semaines. Elle s'en va en cure avec quelques amies et me reviendra toute ragaillardie patronner les affaires courantes. Et je dois avouer que cela me fait aussi du bien de me retrouver seul. Avoir accès à la cuisine en tenue légère,  me préparer tout seul mes petits plats et une foule d'autre choses que seul permet la liberté que procure la pleine solitude. Ce soir, soupe de bœuf au curry avec nouilles de Canton et champignons jaunes du Sichuan, amis linguistes, pardonnez mes libertés avec l'orthographe de ces noms étrangers. Le Pinyin et autres conventions s'embrouillent parfois dans mon esprit. Je crois avoir déjà promis la divulgation de quelques recettes chinoise connues de mon amah seule et je le ferais. Mais en temps voulu comme disait mon Oncle Georges, adepte intransigeant du "pas maintenant tu vois bien que je fais autre chose".

    Voila j'ai passé une excellente soirée, studieuse, gastronome, conviviale et mes amis de longue date, Victoria et Abdul, m'ont fait l'honneur d'une courte mais très agréable visite.
  Abdul ne s'arrange pas avec les années cependant. Il est toujours d’un pessimisme exacerbé et continue de ponctuer ses discussions de "bah, on va tous crever de toute façons" que je garantis du plus mauvais effet en soirée festive. D’ailleurs comme quoi, soumis à ce régime, les amis cessent de se bousculer à votre porte, ce qui s'est vérifié dans le cas d'Abdul depuis vingt années déjà. Par contre il traîne toujours à sa suite ce misérable (la tendence actuelle utilise plutôt le terme de boulet) de Pa Loo Ping qui lui sert toujours d’homme à tout faire et de chauffeur quand il n’est pas ivre mort. J’avoue que je ne le tiens pas en très haute estime. Si je devais donner une note à cet individu, je chercherais la pancarte avec le chiffre le plus élevé avec un signe moins devant. Menteur, fourbe et surtout très en forme pour son age. Enfin passons. Parlons d’un sujet plaisant, de Vicky en l’occurrence. Elle se porte à merveille et possède toujours autant de charmes divers et variés. Toujours aussi maladroite, ce qui fait partie des charmes dont je parlait plus haut.  Elle a quand même réussi à casser mon service à thé en voulant à tout prix faire la vaisselle avant de partir et ce malgré mes plus vives protestations et les regards noirs d’Abdul. Vicky est aussi têtue que maladroite ce qui à l’avantage de vous fixer sur l’arrivée imminente d’une catastrophe. D’ailleurs en s'excusant des dégâts qu'elle avait fait dans ma cuisine, elle se mit à faire de grands gestes pour implorer mon pardon et doubla ses exploits de la soirée en faisant tomber le reste de ma soupe posé sur la gazinière.
    Cela peut sembler curieux mais quand vous pratiquez les défauts de vos amis depuis très longtemps vous devenez aveugles devant ce tares de la condition humaine dont nous sommes tous si généreusement pourvus. D'un autre côté, le nombre de mes véritables amis se compte sur les doigts d’une main, ce qui n'affecte pas trop mes réserves de tolérance envers autrui. Ce fut une bonne soirée...

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Jean d'Orson
pour Shanghai Flow

Posté par Kline à 01:51:00 AM - Jean d'Orson - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 octobre 2005

Introducing Jean d'Orson

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    French man who lived in Shanghai in the 30's. He was an adventurer, a journalist, a poet and a woman lover.He left old Europe in the early 20's, disapeared somewhere in India for two years and reapeared in Shanghai were it is said he lived till the japanese imperial army took over the city during world war two. He came from an aristocratic family deep rooted in french history since the days of Louis IX. He'll surely write about himself here too.

    Why do I introduce him here ? Well I just wanted to talk about him. And I might just post from time to time about the great stories I know of his many and wondrous adventures and of the strange and beautiful people he met. If he makes you think about someone, then you might know him under one of his many aliases .

    Did I mentioned Shanghai up there ? So you might just check out the Shanghai you are going to hear about this Blog. The Old Shanghai that is.

Jean d'Orson by Himself

    Je me nomme Jean d'Orson, j'appartiens à une Organisation Non Gouvernementale dont je tairais le nom. Nos membres pratiquent la non violence, la discrétion la plus absolue et la lutte contre le mal. Entre deux missions je bloggue pas mal et je blague bien évidemment aussi. LOLE ! Si je puis m'esclaffer ainsi (le E final étant de mon cru!). LOL est un acronyme signifiant Laugh Out Loud (traduisible sommairement par Rigoler Dehors Bruyamment et que mon camarade Youssef traduit par Péter Ses Tripes De Rire Sa Mère!).

    Je suis né en France, du côté de la ville (plûtot un hameau, mais l'habitude...) d'Orson, où ma famille est ancrée depuis maintes et maintes générations. La particule de mon nom n'est pas fortuite et fut acquise de haute lutte par le fondateur de notre lignée aux côtés de Louis IX Roi de France. Je coupe court à tout fantasme : je ne suis pas royaliste (excepté avec les royalistes eux-mêmes, uniquement pour leur démontrer qu'il en est de plus royalistes encore). D'ailleurs un autre de mes illustres s'est fait remarquer durant la Révolution Française pour ses idées révolutionnaires. Il voulait abolir la peine de mort. Ce qui n'était pas du goût des autres révolutionnaires français (plus conservateurs en ce domaine il faut bien l'avouer) qui lui taillèrent le cou grace aux bons soins de Mr Guillotine.

Shanghaï
La Rue du Consulat (mes quartiers...)

    Shanghai est tout simplement la ville dans laquelle j'ai passé le plus clair de mon temps. Pour le temps restant, le plus sombre donc, je préfère ne pas l'évoquer maintenant. Je fus obligé de quitter ce hâvre quand l'amée impériale japonaise s'empara de la ville. Pour ceux qui ont un tant soit peu de mémoire ou quelques notions raffinées de l'histoire des hommes, vous en concluerez que je ne suis pas de la première jeunesse. Et bien détrompez vous, je connais un secret inoui. Mais c'est encore un autre sujet dont je pourrais me laisser aller à débattre si la demande m'en est faite et que mon humeur s'y accorde.

Bien les présentations sont sommairement faites mais faites!

Voilà, on ferme ! Sortie cavalière j'en conviens mais si vous pardonnez cette brusquerie qui n'est qu'apparente et pixélisée, votre sens de la compassion en sortira grandit.

Allez, Tschuess ! Seul mot d'allemand qui me semble prononçable et chargé d'un je ne sais quoi de guilleret tellement peu germanique

Jean d'Orson

Posté par Kline à 06:49:00 PM - Jean d'Orson - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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