21 mars 2007
Ma barque de pierre...

Science of Sleep By Littlemissfreak
Ma barque j’ai démenée
Au milieu d’accrocs rocheux bruyants de l’écume du monde
Un point noir remué en tous sens
Perceptible depuis Google Earth
Tempêtes d’âmes torturées reçues en pleine gueule
Comme des embruns au gout de songes
Gifles de vies coulant en sueur rance sur ma face d’éponge
Mais ma barque, mon frère, était faite de pierre
Je tutoyais d’égal à égal le tranchant des écueils
Inconscient et brave comme un ado fier sans entraves
Sombrer m’était interdit
Et ma barque de pierre pointait, toujours très sage,
Sa proue vers mon rivage
Mon île en moi devenait le but de mon voyage
Oui ma sœur, j’ai vécu l’enfer à moi tout seul
Sans mots dire à quiquonque,
Tout en écrivant mon noir de vie
Sur des pages couleur linceul
Ma barque de pierre à touché terre
Après nos tours du monde en solitaires
Le vent du flow m'a poussé et poussé mon bout de toile
Un blog, du slam et quelques mots pour faire briller mes étoiles
J’ai toujours été un aventurier cherchant mes arches perdues
Un innocent plus malin que les loups aux costards crochus
Un diablotin plus stupide que la vie et son coût
J’ai semé dans mon désordre
Plus de désordre encore
Parmi les accrocs rocheux bruyants de l’écume du monde
Mais regarde ma fille comme la plage est belle
Celle de l’île qui pousse au milieu de nos cœurs
Regarde comme la plage est belle
Elle à ton regard et celui de mon bonheur
Je ne suis pas de ce monde, désolé non,
Je viens de chez moi-même
Un endroit fait de milliers de ponts
Et les mots que je chante proviennent de toi-même ma chère chérie
Oui, ma barque de pierre j’ai démenée, mon très cher père,
Sans vous avoir toujours à mes côtés pour en être fier
Et ma barque, ma très chère mère, sur les flots chaotiques de vôtre amour
Je l’ai guidée en pensant toujours au petit jour
A ce matin, à cette aube de ma vie
Ou enfin je pose pied
Sur la tombe noircies de mes regrets
Je suis un ange au ciel
Avec les deux pieds sur terre
Et mes ailes se sont faits mots
Qui poussent ma barque de pierre
Vers cet horizon mien à la couleur du miel
Même à terre, je reste un voyageur
Au cœur criblé de bonheur
Bercé pourtant du chant des accrocs bruyants
De l’écume du monde
N'eo ket echu. Nann. N'eo ket.
Mister K a vez graet ac'hanon
And love is my boat
And with stone it's made
Ma c'halon zo kalet
Ha ma flow zo gwisket
E-giz an avel bras
Evit lakaat pelloc'h
Ma c'harantez for you...
Ainsi soit-il
Ainsi sommes-nous
Et toi ?
Comment allez vous ?

Ma barque de pierre...'07
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07 septembre 2006
Black Breizh*

Yannick Martin & Tanguy Josset
Sonneurs de Binioù et de Bombarde
* Bretagne Noire (Breizh Du)
16 août 2006
Soñjerezh E Breizh*

Sanctuary by Zak2d
J’ai fait un rêve de granit, de fougères et de chênes verts.
Un songe procession parcourant l’étendue de mes gênes,
Les monts d’Arrée dévalant et le long des abers sifflant,
Criant sur l’asphalte des chemins nouveaux l’éclat des horizons de brume.
J’ai chaussé le rouge des tourbières et coiffé ma tête d’un ciel vert,
Revêtu la cape bleue des prés éclaboussant la lande,
Mes deux oreilles bouclées de l’or des genêts.
Et dans mon cœur chante l’infini de nuits tristes
Et dans ma mémoire sonne le rythme des jours heureux.
J’ai fait un rêve de granit, de fougères et de chênes verts.
Un songe à l’ombre des tours du nucléaire,
Où l’eau d'une fontaine oubliée ma soif étanche,
Ma prose adossée aux murs de pierres d’une chapelle blanche.
J’ai posé mes doigts sur les cornes rebelles de ma muse
Pour faire danser ensemble le yin et le yang
Sous le regard plein de ruse d’une hermine blanche,
Me souriant depuis l’ombre d’un repli de roche noire jetée là par le diable.
J’ai fait un rêve de granit, de fougères et de chênes verts.
Un songe de pain et de vin ardent, à l’odeur forte des goémons,
Immaculant mon chant des complaintes d’un ouest menaçant,
Portées par ce vent qui souffle sur le monde depuis l’île d’Ouessant
Chaque jour, chaque nuit, des chars de feu brûlent dans les villes.
Leurs reflets en poignées d’étoiles au ciel où pleurent les goélands,
Du goudron sur la pointe de leurs ailes immenses.
Voici là ce qui reste des âmes des enfants morts d’avoir trop pleuré.
J’ai fait un rêve de granit, de fougères et de chênes verts.
Un songe camouflé dans des riddims de dancehall
Prophétisant encore en flow sur break-beat le retour du Roi Arthur
Comme le font les vrombissements des bagadoù puissants et solennels.
J’ai vu l’Ankou, une seringue noire à la main, l’aiguille recourbée,
Son visage antique dissimulé sous un sweat capuche flamboyant,
Des bagues d’argent à ses doigts crispés sur le volant,
Parcourant les cités du bout du monde dans un 4x4 climatisé.
J’ai fait un rêve de granit, de fougères et de chênes verts.
Un songe vociférant comme ces monstres crispés aux parois des cathédrales,
Tétanisant d’une torpeur inconnue les enfants de l’Arvor,
Electrisant les corps de ceux de l’Argoat au dernier Pardon conjureur de sorts.
Un s.d.f dans un jardin public du pays de Bretagne, œil vif, barbe drue,
Puant la sueur rance, connaisseur d'âme humaine,
cracha tout à coup sur deux touristes qui passaient devant lui !
Il pointa un doigt sec sur leurs faces épanouies et leur dit :
« Est-ce que vous pleurez vous,
quand vous entendez sonner les binioù ? »

Soñjerezh E Breizh - 2006
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* Soñjerezh E Breizh (Songerie en Bretagne)
Bagadoù (pluriel de Bagad, groupe de cornemuses, de bombardes et de tambours. Bagad signifie troupe)
Arvor (Ar Vor, la mer. Désigne globalement le littoral)
Argoat (Ar Goat, les Bois. Désigne globalement l'intérieur des terres)
27 mars 2006
An Hini A Garan
An hini a garan – Interprétation Mister K
Celle que j’aime, je l’aimais déjà enfant,
Quand nos cœurs étaient ensembles
Je n’avais d’amour que pour elle,
Quand j’étais enfant c’était elle, celle que j’aime
Celle que j’aime, je l’ai perdue pour toujours
Elle est partie bien trop loin pour qu’elle ne revienne
Et me voici chantant ce chant d’amour
Ce chant d'amour chanté pour celle que j’aime
Celle que j’aime m’a quitté un jour
Pour s’en aller bien plus loin que notre amour
Pour s’en aller bien plus loin, pour toujours
Et pour toujours j’ai perdu celle que j’aime d’amour

Go Back in Time by Spoken
An hini a garan signifie en breton Celui que j'aime. Cet air traditionnel appartient au répertoire de la Gwerze. La Gwerze est une complainte ou une ballade. C'est une magnifique chanson, par ailleurs superbement interprétée par Denez Prigent, dans son album "Sarac'h" (Barclay / Universal Music).
Lorsque j’ai écouté cette chanson pour la première fois, je fus frappé par ses beaux accents nostalgiques et la magnificence des sonorités du breton dans laquelle elle est chantée. J’ai alors aussitôt tenté de trouver une traduction française qui puisse restituer la beauté des paroles originelles. Sans succès.
Il m’est alors venu l'envie d'interpréter cette chanson à ma façon, avec les sentiments qu’elle m’évoque mais sans trop s’éloigner de sa signification première. Et An Hini A Garan fait ressurgir en moi des émotions anciennes et des images d'enfance, une nostalgie particulière tellement ancrée dans mes fibres culturelles et personnelles.
C’est donc cette interprétation personnelle mais respectueuse que je place au début de ce post. J'espère avoir restitué en français les émotions que j’ai ressenties avec An Hini A Garan, ou Celui que j’aime. En langue bretonne, An Hini A Garan peut aussi bien se traduire par Celui que j’aime que par Celle que j’aime. Et je ne me suis pas privé de jouer sur cette absence de genre défini.
An hini a garan – Texte Original
An hini a garan, gwechall bihan er gêr
Pa oamp tostig an eil, an eil ouzh egile
Va c'halon ne gare, gare nemet unan
Pa oan bihan er gêr an hini a garan
An hini a garan, 'm eus kollet da viken
'Mañ degouezhet pell ha ne zistroio ken
Ha setu ma kanan, kanan keti ketañ
Ha setu ma kanan d'an hini a garan
An hini a garan, un deiz 'n eus va losket
Aet eo d'ar broioù pell, d'ur vro n'an'vezan ket
Aet eo d'ar broioù pell da c'hounit e vara
Kollet, kollet un deiz, an hini a garan
An hini a garan – Traduction (globale)
Celui que j'aime, autrefois, petits à la maison,
quand nous étions tout près l'un de l'autre,
mon cœur n'en aimait qu'un ;
quand j'étais petite à la maison, celui que j'aime
Celui que j'aime, je l'ai perdu à jamais ;
il est parti au loin et ne reviendra pas ;
et voici que je chante à celui que j'aime
Celui que j'aime, un jour il m'a laissée ;
parti vers les pays lointains, des pays que je ne connais pas,
parti vers les pays lointains , pour gagner son pain.
Perdu, perdu un jour, celui que j'aime
23 décembre 2005
Gwerze pour un Fantôme

Pict by Flumpie
Elle avait le front d'or et les lèvres en pétales de rose pâle. Elle
marchait dans ce monde comme une brise souffle avant l'orage. Je l'ai
rencontré sur ce petit sentier fait de déchéance et de grandeur. Je
sais, ma route n'étais ni celle des sages ni celle des anges.
Maintenant mes pas trébuchent.
Gwerze pour un fantôme...
Quand
elle m'a regardé mon cœur s'est arrêté tout le long d'une seconde. J'ai
alors entrevu les flammes qui l'entouraient mais je n'ai pas pris
garde. Elle avait les yeux pareils aux chats avec quelque chose
d'indéfinissable venu d'orient. Et le temps d'un battement de ses cils
je vis trembler le firmament au fond de ses pupilles dilatées. C'était
déjà le crépuscule. Ces quelques mots que voici sont un opuscule à la
gloire d'une beauté qui m'a aimé. Je n'ai pas pris garde à ses désirs
glacés posés sur mon âme d'adolescent.
Gwerze pour un fantôme...
Elle
avait un corps délié comme une panthère, sa poitrine fière danse encore
dans mes souvenirs d'après minuit quand nos sabbats rythmaient les
pleines lunes de nos ébats. Je n'ai pas su voir les chaînes posées sur
nos désirs délétères ni la froideur adorable de l'esclavage de ses
tendres non-dits. Mes yeux se sont seulement ouverts lorsqu'elle a
brisé mes deux bras pour s'en aller dans ce pays entre brouillard et
regrets. Ce pays d'ou je ne reviendrais jamais...
Gwerze pour un fantôme...
Elle
a dessiné sur la lande de ma vie en porte-à-faux un avenir comme une
faux dressée, une lame aiguisée. Sa langue affûtée crissant sur les
maux de ma vie compliquée. Damoclès de rancunes. Mon cœur poignardé par
sa beauté incrustée au plus profond de moi. Sa beauté et sa haine. Mon
cœur devenu froid n'a plus d'amour titubant que pour un fantôme pour
qui j'écris cette Gwerze...

mister k
Gwerze Pour un Fantôme Redux 05'
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