Shanghai Flow

Bloggy Poetic X-perience

08 novembre 2008

We can, Yes we do

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12 juillet 2008

Ça ne court pas les rues

    Hier j’ai entendu cette expression : « trouver un bon poissonnier c’est dur, ça court pas les rues ».

    Bon, tout le monde, à part un ou deux bouddhistes tibétains détestant le poisson et la course à pied, connait l’expression.

poissonier Coureur_de_rue_02

Poissonnier                          Coureur de Rue   

    Je me suis tout de suite imaginé un poissonnier, appelons-le Youssef, avec son beau tablier blanc de poissonnier, sa toque bleue, ses bottes de caoutchouc jaunes et son grand couteau de poissonnier pour découper de jolis filets de sardines.
    Youssef est un bon poissonnier et ce qui le distingue de tous les autres poissonniers de la terre, c’est qu’il ne court pas les rues. Chacun son truc.   

    Si donc quelqu’un vous affirme avec vigueur que : « Des bons poissonniers comme Youssef,  ça ne court pas les rues !», il signifie clairement par là que vous avez très peu de chance de croiser Youssef avec son couteau de poissonnier en train de taper le cent mètres dans les rues de votre quartier.  

    D’abord, d’un, Youssef ne court pas, et de deux, quand bien même Youssef aurait une passion immodérée pour le sprint, il ne s’y adonne jamais en pleine rue.
    Donc, pour croiser le bon poissonnier qu’est Youssef en plein marathon rue Foch ; macache, tintin, wellou, zéro, bonbon : c'est impossible.    

    Drôle d’expression quand même. Et particulièrement apprécié du locuteur lambda à la forme négative.

    Voici deux exemples relevés sur le terrain :
    « Un boulot payé 4000 boules, ça court pas le rues ». Effectivement, super hard de visualiser un concept aussi abstrait que « boulot payé 4000 boules » en train de faire son jogging sapé Gucci rue Gambetta.
    « Des mecs aussi cons que ça, je te jure, ça court pas les rues ». Dans cette phrase, la mention « aussi con que ça » indique qu’il s’agit d’une espèce de con bien définie, l’élite du genre en quelque sorte et que l’on a peu de chance de tomber sur un spécimen en train de tracer comme un dingue rue Joffre. 

    L’expression possède quelques équivalents assez redoutables. Jugez-en plutôt :

    « Un bon poissonnier comme Youssef, ça ne se trouve pas sous les pieds d’un cheval » (j’imagine l’improbabilité de la scène) auquel répond non sans finesse et logique le québécois : « Un bon poissonnier comme Youssef c’est rare comme la marde du Pape. »
    Oui, les cousins disent « marde ». Avec « e » ça ferait trop french-bobo.
   
    Pour finir le tour de la famille francophones, au Cameroun, l'on peut entendre la formule cabalistique suivante : « Vendeur de poisson façon Youssouf là, tu vas fatiguer jusqu’aaaaà pour trouver son pareil. »

    L'emploi de « jusqu'aaaaa » ou le « a » est plus ou moins long en fonction des capacité pulmonaires du locuteur, suggère avec vigueur l'idée que même en sillonnant les rues du quartier jusqu'à l'exténuation des facultés motrices, il est fortement improbable que vous croisiez quelqu'un ressemblant à Youssef en train de faire son footing.    

    En anglais l’on entendra le très perspicace et bucolique : « Fish merchants as good as Youssef is do not grow on trees. » (les bons poissonniers comme Youssef ne poussent pas sur les arbres).
    Et en breton le super mystique : « Ur marc’hadour pesk èl Yousef zo ken just ha fri ar c’hazh » (un poissonnier comme Youssef est aussi rare que le nez du chat).  

    Notons les expressions de sens contraire, signifiant « facile à trouver, commun ou banal » : « Courir les rues, Battre la campagne ».
    Expressions qui au passage sont aussi les titres de livres publiés par Raymond Queneau, le premier en 1967 et le second en 1968. Je souligne la chose car je trouve ça complètement dingue.
    C’est aussi de nos jours le nom d’un groupe de chanson française.
 

    Puisque l’expression provient de « courir les rues », et j’en aurais fini, j’ai appris que cela s’employait autrefois dans « être fou, être fou à courir les rues, à courir les champs, être très fou. »

    Y avait-il, à un moment donné en France, des myriades de dingues qui courraient dans tous les sens les rues des villes ? A tel point que l’expression a évoluée en « être commun, fréquent » ou encore « courant » ? (encore le verbe courir sous sa forme au participe présent)


Courir_les_Rues

   

Les mystères de la langue mec. Puissant. 

    Et pour conclure, je cite Mister R, respectable patron de l’alimentation de nuit du coin et philosophe à ses heures :
    « Ah ça, les cons, c’est sur, ça court les rues ! Il y en a partout ! Et ça galope, ça galope ! Ah les cons, ça court oui ! Ils font que ça toute la journée. »

    Pourquoi cette fixation en français sur le noble art de la course à pied urbaine pour signaler la rareté ou la trop grande fréquence ?

Mister_K_Signature

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07 juillet 2008

Interview avec MC (part I)

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Interview by Jstyle23

MC : Pourquoi Shanghai Flow pour ton blog ?

MISTER K : J'avais pensé à Mon Tout Petit Poney Tout Gris au départ. Mais trop intello. Shanghai c’est la ville qui représente le mieux mes états d’âmes. Il y a dedans l’idée d’une civilisation multimillénaire, la civilisation chinoise, branchée sur une modernité effrayante. En fait, Shanghai, c'est notre réalité à tous, où qu'on se trouve sur la planète. Et on a tous à dealer avec ça. Nous sommes tous en mode zapping entre l'I-pod et les deux trois petite valeurs que nous ont laissé nos grands-parents.  En plus, pour moi, avec l'histoire de la ville de Shanghai, je retrouves la colonisation, avec le quartier français, la concession américaine ou anglaise, dont je suis quelque part l’un des produits. Shanghai, pour moi, représente l'effet kiss-kool du choc entre les cultures traditionnelles dans une réalité super moderne, urbaine à mort. Ce choc-là définit à fond ce que je suis. Et Shanghai en elle-même, c'est la ville de mon cœur et celle d'une fabuleuse histoire d'amour.

MC : Et le Flow dans Shanghai c'est pour quoi ?

MISTER K : Le Flow c’est la quintessence du Hip-Hop. En Hip-Hop, pour moi, l’incarnation du Flow c’est Rakim. C’est le but à atteindre pour tout rappeur. Je traduis Flow par fluidité en français. Quand tu es fluide avec ton rap sur le beat qui sonne derrière, tu as le Flow. Ma définition personnelle explose le cadre du Hip-Hop, Rimbaud avait le Flow par exemple. Hugo aussi avait le flow, si on part sur les classiques. Mais chez ceux-là, le Flow se pose sur une musique interne. Si on aime Rimbaud ou Hugo, c’est qu’on est capable d’entendre leur musique interne rien qu’en lisant leurs textes. En Slam c’est pareil, il n’y a pas de musique et c’est ton Flow qui crée la musique. Le Slam c'est du Hip-Hop  sublimé.

MC : Tu cites Hugo, Rimbaud et Rakim, grand écart quand même. C’est quoi tes influences ?

MISTER K : Je suis super influençable. J’aime tout ce qui résonne en moi. Et si je devais donner le nom de mes influences, il faudrait une encyclopédie pour les citer par le menu. Dedans il y aurait autant de noms connus que de noms inconnus, et dans des domaines aussi divers que la littérature, la vie de tout les jours, les blogs que je lis, jusqu’à l’architecture. La question des influences est nulle pour celui qui s'amuse à créer. Pour un artiste, autrement dit. L’artiste, par nature, est toujours sous influence. C’est un vecteur, un médium, soumis à des influences infinies. Il (ou elle) passe son temps à reproduire à sa façon ce qui résonne en lui.  Son vrai boulot à lui, c’est de définir sa propre voix, ou voie, (t’as vu, la langue française confond les deux à l’oral).

MC : Donc tu te considères comme un artiste ?

MISTER K : Pas. D’une part, c’est déjà se limiter grave que se dire artiste, et c’est super prétentieux. Tout le monde est artiste. Chaque être humain à la capacité de créer, d’inventer et de proposer des voies nouvelles. En se sens, chaque être humain est un artiste. Ce qui est intéressant en français, c’est les mots “artiste” et “artisan”. Qu’est ce qui distingue l’artiste de l’artisan ?

MC : L’artiste crée et l’artisan fabrique ?

MISTER K : Pour de vrai, les deux créent et les deux fabriquent. La seule différence est dans la tête des gens, dans la distinction élitiste que l’on peut faire entre l’un ou l’autre. C’est une distinction qui s’appuie sur des représentations d’un ordre social établi. C’est zéro. Chaque être humain est artiste et artisan en même temps. La différence entre artiste et artisan n’existe que par rapport à la langue qui emploie deux mots différents pour finalement désigner la même réalité.

MC : Donc tu te définis comment par rapport à ce que tu viens de me dire ?

MISTER K : Un être humain, je peux pas te dire mieux. Qui exploite comme il peut sa sensibilité personnelle et qui tente de l’exprimer comme il peut.

MC : Et toi c’est le Blog ton moyen d’expression. Pourquoi ?

MISTER K : Le Blog au départ, c’était parce que j’étais nomade. Je n’avais que ce moyen pour laisser une trace de ce que j’écrivais. En déménageant souvent, je n’avais plus de traces de mes écrits, j’écrivais toujours sur des feuilles. A droite et à gauche, des feuilles que je perdais toujours entre deux mouvements. Le blog, au départ, c’était une façon de toujours retrouver mes écrits où que je me retrouve.

MC : Tu emploies le passé, donc tu n’es plus nomade alors ?

MISTER K : Je me suis « sédentarisé » depuis trois ans.

MC : Ça te dis qu’on se revoie pour continuer cette interview ?

MISTER K : Sans problèmes, quand tu veux.

MC : Prépares toi à des questions plus pointues.

MISTER K : Sur genre ?

MC : Sur ta vision du métissage, par exemple. :)

MISTER K : Sans oublier ma recette secrète pour réussir un bon tajine-poulet curry...

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18 juin 2008

3 mots sur Obama

Merci Kwaame pour le Tagage.

“Disons donc que l’on fait une chaîne rapide d’une semaine de “bloggeurs afro-orientés” qui consistera à dire en trois lignes au plus, ce que nous voyons qui nous interpelle quand nous voyons Barack Obama. Je commence l’exercice et je “taggue” dix bloggeurs, qui “taggueront” le nombre de bloggeurs qu’ils souhaitent s’ils le souhaitent.”

Sans être spécifiquement "bloggeur afro-orienté", voici donc trois lignes sur ce que m'inspire Barrack Obama:

" Barrack Obama est l'exemple parfait du métis qui a réalisé, qu'avant toute chose, il est un être humain. Il est charismatique, indéniablement. Ses discours sont à la fois pragmatiques et remplis d'idéaux qu'il sait à merveille communiquer. Lui seul, sur la planète entière, incarne, tout au moins symboliquement, notre désir de changer de monde ".

Je tague à mon tour tous ceux qui veulent bien se livrer à l'exercice. Peace y'all.

mister_k_signature13

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18 avril 2008

Aimé

Aim__Cesaire_01


"On me parle de progrès, de "réalisations", de maladies guéries,
de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes.


Moi, je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, des cultures piétinées, d'institutions minées,
de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties,
d'extraordinaires possibilités supprimées."


Aimé Cesaire - Extrait de Discours sur le Colonialisme (Présence Africaine, 1955)

Merci pour ce que vous avez semé Monsieur Césaire.
Mister K.

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14 mars 2008

I'll Be Back

"Quand un Artiste A le coeur triste
Il ne doit pas vous le montrer
Il entre en piste Dans un sourire
Cachant le pire
La fin d'un grand rêve étoilé Qui se déchire"

Henri Salvador - Quand un Artiste
(Album "Ma chère et Tendre" - EMI - 2005)

terminator

(Dur la transition entre Salvador et Schwarzy ? Welcome to my world alors)

    Depuis mon Komputer Krash évoqué plus bas, j'ai  perdu mes repères avec Shanghai Flow. Des Habitudes Faciles se sont envolées. Je dois reconstruire (mes habitudes de blogueur, moi ça va très bien).

    J'y travaille. Et Shanghai Flow va se poursuivre. Juste le temps de reprendre mes marques avec un nouvel ordi. Je repars à zéro en fait. 70% de mes textes ont disparus, sans compter 5 années de travail personnel sur l'écriture et des choses concernant (plus ou moins) ma vie d'extra-terrestre.

    J'ai fait ce que j'ai pu pour récupérer mes données, sans succès. Mais je ne vais pas écrire un blues à la Gil Scot Heron pour décrire ma perte. Juste un petit air de piano cha-cha comme Carmen Cavallaro.

    Ce qui est drôle, c'est que Shanghai Flow reçoit presque "plusse" de visites depuis que je ne poste plus.

    Mon emploi du temps des 5 dernières semaines, en plus de mon krash d'ordi, à complètement changé mes habitudes de "blogueur". Double changement d'habitudes.

    Mais c'est cool non ? Changer (drastiquement) d'habitudes est un vrai lifting interne.

     Alors je change. Noblesse oblige.

    A (très) bientôt. Comme le disait le Terminator : "I'll Be Back"

    Je ne sais plus comment ça se dit en chinois mais je le pense très fort.

mister_k_signature13

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05 février 2008

Komputer Krashhh

computer_crash_again

Le "Again" est de trop. Mais l'image illustre mon propos à venir.

Je m'excuse auprès de tous. J'ai passé d'excellentes vacances de Noël et de nouvel An et (ou mais, au choix), en rentrant dans mon logis, j'ai (comme tout un chacun du monde mercantile), rallumé mon ordi.

Et là !

Plantage total et généralisé. Le disque dur foutu, mes textes et cinq années de travaux divers (et super variés) partis en fumées (diverses).

Je sais, comme on me l'a dit depuis, t'aurais du sauvegardé, prendre un disque dur externe etc...

Mais j'ai pas fait, je ne fais donc pas partie, de ce point de vue, des happy few.

J'ai donc consommationné un nouvel ordi (horrible avec Vista sur ta face). Et depuis 15 jours, je récupère (j'essaye de récupérer) une vie virtuelle faites de 00 et de 01. Mes anciennes données sont parties en fumée cependant.

C'est comme de repartir à zéro quand la vie vous mets des coups de pieds au derche. Sauf que là, c'est bien moins grave que de perdre sa nationalité française (ou américaine, ou camerounaise). Ou d'avoir des amis qui fuient le Tchad.

Ceci dit, Shanghai Flow reprends son cours. Heureusement que ce blog existe, il m'a permis de récupérer bon nombre de textes que je n'avais pas sauvegardé.

Et aussi de constater que l'afflux vers ce blog est toujours constant, que je poste ou non. J'en suis confusionné (j'ai lu, pour la première fois, mes premiers San Antonio. Et ça marque).

Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 2008. Année des huitres. Et vous savez le bien que font ces mollusques marins bivalves à nos organismes pas encore tous transgéniqués.

mister_k_signature13

   

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25 décembre 2007

Merry Kurisumasu

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Extrait de Corto Maltese
La Maison dorée de Samarkande

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21 décembre 2007

Krumping over Africa

    Plus bas, j'ai un texte, Krump Poetry. Inspiré par l'énergie que l'on peut voir ici.

    Cette vidéo* illustre bien la vitalité de la culture noire, américaine en l'occurrence. On fait souvent le lien entre les manifestations culturelles noires américaines et l'Afrique. Mais c'est plus qu'un lien.

    La culture populaire noire américaine est la perpétuation des bases culturelles issues de l'Afrique. Ces bases culturelles, ces codes particulier que revêt l'expression humaine, existent dans L'Amérique noire à l'état brut, largement inconsciente. Et chaque fois que les circonstances  le permettent, elles s'expriment. C'est la réactivation des bases culturelles africaines dans le cadre d'une expression, toujours renouvelée.

    Dans cette vidéo, un exemple précis illustre ce que je viens de dire. A plusieurs reprises, les danseurs viennent "provoquer" ceux qui jouent du tambour. La relation danseur-tambour date de la nuit des temps. Une confrontation-complémentarité que l'on retrouve dans toutes les manifestations de la culture africaine. Il suffit d'avoir vu ce qui se passe avec le gwo-ka ou même la relation breakeurs-dee-jay dans les prémisses du Hip-Hop. Les principes de base de la danse africaine se retrouvent transcendés avec des danseurs de Krump issus des quartiers noirs américains de Los Angeles en 2004.

    Réactivation des bases culturelles africaines dans le cadre d'une expression, toujours renouvelée. Même après l'horreur de l'esclavage, le dénigrement permanent des cultures dominantes, la culture africaine, puissante en elle même, continue de produire au travers de ses arrières petits enfants. Même inconscients de leur héritage, ils perpétuent les racines culturelles. C'est un miracle qui nous fait encore admirer aujourd'hui des Bob Marley ou des James Brown.

    Le blues, le jazz, le Hip-Hop et maintenant le Krump sont des exemples de ce miracle. Les exemples s'étendent et valent pour toutes les cultures noires issues d'Afrique. Salsa, mento, capoera, kompa, gwo ka etc... et la, je n'implique que la musique.

    C'est en regard de cela que l'expression Africain-Américain ne se réduit pas qu'à un concept identitaire. C'est une réalité culturelle qui s'étend à tout le "nouveau-monde".

    Ce qui met en lumière, une fois de plus, que la vitalité culturelle s'exprime toujours par le peuple, il n'y a de culture vivante que la culture populaire. En tout cas de mon point de vue. La culture intello vient toujours après, avec son corolaire de cocktails cheap, de coke et de mauvais suchis servis aux divers vernissages.

    Pour ceux qui se poseraient la question, le Krump est au breakdance ce que le bouddhisme zen est au bouddhisme tibétain, ce que le soufisme est à l'islam ou pour être plus clair et laïque, ce que le ragga est au reggae ou le steak frites au Big Mac.

    Le breakdance tend à préférer l'amplitude de l'expression corporelle par des mouvements techniques élaborés, hyper stylisés et complexes. Je peux mesurer cette complexité car je suis rentré dans la culture Hip-Hop par le biais du breakdance. Le Krump en revanche concentre tout sur l'énergie interne et la manifestation radicale de cette énergie dans le mouvement. Il n'en est pas moins stylé, juste plus concentré dans l'exploitation de l'énergie.

    Ceux qui dansent dans la vidéo au dessus sont les Krumps Kings (qui portent très bien leur nom). Le documentaire Rize de David LaChapelle est une bonne introduction au Krump**.

mister_k_signature13

* Détails de la vidéo : Extrait de The Healing Concert, tenu à Washington DC, en Septembre 2006 avec le groupe Farafina Kan et Les Krump Kings.

**A ne surtout pas voir la version doublée en français, ça fait trop pitié.


   

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28 novembre 2007

Dis moi quelque chose avant de dormir

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    J'avais oublié la délicieuse sensation de joie bête et zen qu'est de se réveiller en écoutant Kahimi Karie. Ce matin, j'ai mis l'un de ses albums en orbite dans le séjour en buvant mon premier café.

    Le Hip-Hop pendant longtemps c'était pour moi une philosophie de vie et je faisais partie de ses philosophes urbains. A partir de 2000, c'est devenu une stricte affaire de bizous-bizness gérée par l'industrie du disque. Il y en a encore qui restent fidèles à une certaine idée du Hip-Hop tout en étant dans l'industrie. La plupart sont comparables à des artisans boulanger qui bossent quand même pour une grosse chaine de distribution de baguettes et de pains au chocolat, chocolatine pour mes sauss du South-West.

    J'écoute toujours du son, quelques nouveautés de ci de là. DJ Premier reste le maitre incontestable de la baguette traditionnelle. Pourquoi je parles de ça ? J'en sais rien. Effet Kahimi Karie peut-être.

    Un pote m'appelle en début de soirée pour me dire qu'il croit que sa meuf le trompe et ce que j'en pense. Je résume 47m de conversation. Je lui réponds qu'il devrait la quitter parce qu'elle est pas très futée. Une femme qui se respecte ne laisse jamais de traces quand elle est infidèle. Il n'a pas aimé mon humour façon Lord Brett Sinclair. Au final, je lui ait dit qu'il fallait juste qu'il laisse passer l'affaire. Si elle le trompe et qu'elle est encore avec lui, c'est qu'elle se pose juste des questions existentielles. Il s'est calmé puis m'a lâché (je résume) : et si c'est moi qui l'avait trompée, t'as le même discours ? Ben non garçon. Si c'est toi qui l'avait trompée, d'un, elle l'aurait su direct et vite fait et de deux tu est physiologiquement incapable de la tromper pour des questions purement existentielles.

    On ne joue pas vraiment dans la même cour nous et les filles mon pote. Depuis la maternelle t'aurais du t'en rendre compte. A l'époque elles organisaient déjà leur plan de carrière après le bac pendant que nous courions dans la cour en rond, en criant t'es mort j't'ai eu, tout cela en se roulant par terre et en rigolant comme des bossus. T'as pas tilté un peu depuis ? Pourquoi je parle de ça ? L'effet Dj Premier peut-être.

    Depuis la fin de la dernière élection présidentielle, j'ai décidé de ne plus écouter la radio ni de regarder la télé. La dernière campagne électorale vue au travers des médias traditionnels m'a fait tristement rigoler. J'ai décidé que j'en avais marre qu'on insulte mon intelligence et cela depuis les coulisses de quelques cossus salons parisiens.

    J'écoute les radios infra-locales et mes gigas d'mp3. Je regarde bien plus par ma fenêtre et je visionne les films et bonnes séries que j'ai zappé pendant trop longtemps. Ce qui fait que niveau info, je n'ai plus que le net comme ressource directe. Et comme je n'y puise pas tout les jours, je suis en perpétuel décalage.

    C'est mon entourage qui me relaie l'info maintenant. Et c'est pas mieux que les médias habituels. Normal, une bonne partie de mon entourage écoute les radios nationales et regarde la télé nationale. Et national en France signifie : coulisses de quelques cossus salons parisien. C'est le syndrome : tout le monde en parle alors j'en parle à tout le monde. Résultat : tout le monde parle de la même chose et au même moment. C'est soulant grave.

    Alors qu'il n'y a jamais eu autant de chaines télés dans ce pays. Les bouquets radio-télé fleurissent partout. Hey mon p'tit bozo, allumes un peu là, comme disent les Québécois, tu vois pas que ça capote un p'tit peu ton affayre là ? C'est ce que j'appelle un système médiatique doté d'une propagande en voix-off.

    Pour l'effet québécois, ça vient de . Thanks to Mister Brown.

    Parlant de bonnes séries. Life on Mars c'est juste sublime, l'accent anglais à part, la télé britannique c'est du super joli boulot*, Caveman c'est intello-rigolo, Ugly Betty c'est rigolo-funny et Moonlight c'est classé-classe. Heroes reste encore au top.

    Demain après-midi, rendez vous important à 14h30. Je vais m'habiller jeune pas cadre ni quadra, dynamique, super cool et toujours espiègle. Espiègle. Joli mot français non ? Pas cool son étymologie

* L'accent anglais me fait le même effet que du chou-fleur bouilli accompagné de crème glacée à la pistache. Strange, isn't it ?  Yes indeed. C'est vrai, je sais, il y a pire, c'est l'accent anglais prononcé à la française. Mais là, c'est sans espoir, c'est juste l'éducation nationale.

Mister_K_Signature

Bande son : Dis moi quelque chose avant de dormir - Kahimi Karie (2:07) 

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