Shanghai Flow

Bloggy Poetic X-perience

30 juillet 2008

Au Fil des Mots "Lire"

    Or, il faut savoir que cet hidalgo, dans les moments où il restait oisif, c'est-à-dire à peu près toute l'année, s'adonnait à lire des livres de cheva­lerie, avec tant de gout et de plaisir, qu'il en oublia presque entièrement l'exercice de la chasse et l'administration de son bien.

    Sa curiosité et son extravagance arrivèrent à ce point qu'il vendit plusieurs arpents de bonnes terres à blé pour acheter des livres de chevalerie à lire.

(Extrait de l'ingénieux Hidalgo Don Don Quichotte de la Mancha)

Cervantes
1547-1616

 

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24 juillet 2008

Poème

I__m_writing_u_a_poem_by_saltyshadow
I'm writing u a poem by SaltyShadow

Je t'écris un poème au fil de l'eau,
plus trois roses sous ma plume et son flow.
Deux points noirs, trois virgules,
et du soleil sans canicule.

Mister K - 24-07-08'
Flowadenn

 

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23 juillet 2008

Au Fil des Mots "Rêver"

Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on a pas de relations,
républiques sans histoires, guerres de religion étouffées,
révolutions de mœurs,  déplacement de races et de continents ;
je croyais à tous les enchantements.


Alchimie du Verbe - Délires - Une Saison En Enfer - Arthur Rimbaud,  1873.

Arthur_Rimbaud
Arthur Rimbaud (1854 - 1891)

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17 juillet 2008

Abysses

Curves_by_Tonyr
Curves by Tonyr

Tes cambrures, d'abysses flanquées,
quand pisse en coulure le sang de mes regrets,
pixelisent de tes relents l'écran de mes pensées.

Mister K - 17-07-08'
Flowadenn

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16 juillet 2008

Au Fil des Mots "Moufter"

MOUFTER (ne pas) :
se tenir coi, ne pas protester, ne pas répliquer.
Moufter ne s'emploie que dans des formes négatives.

Albert Simonin - Glossaire Argotique - Touchez pas au Grisbi ! - Série Noire - Gallimard, 1953.

Albert_Simonin
Albert Simonin (1905 - 1980)

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12 juillet 2008

Ça ne court pas les rues

    Hier j’ai entendu cette expression : « trouver un bon poissonnier c’est dur, ça court pas les rues ».

    Bon, tout le monde, à part un ou deux bouddhistes tibétains détestant le poisson et la course à pied, connait l’expression.

poissonier Coureur_de_rue_02

Poissonnier                          Coureur de Rue   

    Je me suis tout de suite imaginé un poissonnier, appelons-le Youssef, avec son beau tablier blanc de poissonnier, sa toque bleue, ses bottes de caoutchouc jaunes et son grand couteau de poissonnier pour découper de jolis filets de sardines.
    Youssef est un bon poissonnier et ce qui le distingue de tous les autres poissonniers de la terre, c’est qu’il ne court pas les rues. Chacun son truc.   

    Si donc quelqu’un vous affirme avec vigueur que : « Des bons poissonniers comme Youssef,  ça ne court pas les rues !», il signifie clairement par là que vous avez très peu de chance de croiser Youssef avec son couteau de poissonnier en train de taper le cent mètres dans les rues de votre quartier.  

    D’abord, d’un, Youssef ne court pas, et de deux, quand bien même Youssef aurait une passion immodérée pour le sprint, il ne s’y adonne jamais en pleine rue.
    Donc, pour croiser le bon poissonnier qu’est Youssef en plein marathon rue Foch ; macache, tintin, wellou, zéro, bonbon : c'est impossible.    

    Drôle d’expression quand même. Et particulièrement apprécié du locuteur lambda à la forme négative.

    Voici deux exemples relevés sur le terrain :
    « Un boulot payé 4000 boules, ça court pas le rues ». Effectivement, super hard de visualiser un concept aussi abstrait que « boulot payé 4000 boules » en train de faire son jogging sapé Gucci rue Gambetta.
    « Des mecs aussi cons que ça, je te jure, ça court pas les rues ». Dans cette phrase, la mention « aussi con que ça » indique qu’il s’agit d’une espèce de con bien définie, l’élite du genre en quelque sorte et que l’on a peu de chance de tomber sur un spécimen en train de tracer comme un dingue rue Joffre. 

    L’expression possède quelques équivalents assez redoutables. Jugez-en plutôt :

    « Un bon poissonnier comme Youssef, ça ne se trouve pas sous les pieds d’un cheval » (j’imagine l’improbabilité de la scène) auquel répond non sans finesse et logique le québécois : « Un bon poissonnier comme Youssef c’est rare comme la marde du Pape. »
    Oui, les cousins disent « marde ». Avec « e » ça ferait trop french-bobo.
   
    Pour finir le tour de la famille francophones, au Cameroun, l'on peut entendre la formule cabalistique suivante : « Vendeur de poisson façon Youssouf là, tu vas fatiguer jusqu’aaaaà pour trouver son pareil. »

    L'emploi de « jusqu'aaaaa » ou le « a » est plus ou moins long en fonction des capacité pulmonaires du locuteur, suggère avec vigueur l'idée que même en sillonnant les rues du quartier jusqu'à l'exténuation des facultés motrices, il est fortement improbable que vous croisiez quelqu'un ressemblant à Youssef en train de faire son footing.    

    En anglais l’on entendra le très perspicace et bucolique : « Fish merchants as good as Youssef is do not grow on trees. » (les bons poissonniers comme Youssef ne poussent pas sur les arbres).
    Et en breton le super mystique : « Ur marc’hadour pesk èl Yousef zo ken just ha fri ar c’hazh » (un poissonnier comme Youssef est aussi rare que le nez du chat).  

    Notons les expressions de sens contraire, signifiant « facile à trouver, commun ou banal » : « Courir les rues, Battre la campagne ».
    Expressions qui au passage sont aussi les titres de livres publiés par Raymond Queneau, le premier en 1967 et le second en 1968. Je souligne la chose car je trouve ça complètement dingue.
    C’est aussi de nos jours le nom d’un groupe de chanson française.
 

    Puisque l’expression provient de « courir les rues », et j’en aurais fini, j’ai appris que cela s’employait autrefois dans « être fou, être fou à courir les rues, à courir les champs, être très fou. »

    Y avait-il, à un moment donné en France, des myriades de dingues qui courraient dans tous les sens les rues des villes ? A tel point que l’expression a évoluée en « être commun, fréquent » ou encore « courant » ? (encore le verbe courir sous sa forme au participe présent)


Courir_les_Rues

   

Les mystères de la langue mec. Puissant. 

    Et pour conclure, je cite Mister R, respectable patron de l’alimentation de nuit du coin et philosophe à ses heures :
    « Ah ça, les cons, c’est sur, ça court les rues ! Il y en a partout ! Et ça galope, ça galope ! Ah les cons, ça court oui ! Ils font que ça toute la journée. »

    Pourquoi cette fixation en français sur le noble art de la course à pied urbaine pour signaler la rareté ou la trop grande fréquence ?

Mister_K_Signature

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10 juillet 2008

Samson

DALILA_by_napocapo
Dalila by Napocaco

Chanson bleue sans ruses
quand danse Samson pour Dalila
Ses yeux fusent en feux d'or
Sous la cadence des Orishas
Et Samson pleure c'est sur
de la froideur de sa diva.

Mister K - 10-07-08'
Flowadenn

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09 juillet 2008

Au Fil des Mots "Je Sais"

... la seule affirmation "je sais" est un autre mur qui vous sépare de moi.

Krishnamurti (The First and Last Freedom - 1954)

Krishnamurti

Jiddu Krishnamurti (1895 - 1986)

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07 juillet 2008

Interview avec MC (part I)

Interview_by_jstyle23

Interview by Jstyle23

MC : Pourquoi Shanghai Flow pour ton blog ?

MISTER K : J'avais pensé à Mon Tout Petit Poney Tout Gris au départ. Mais trop intello. Shanghai c’est la ville qui représente le mieux mes états d’âmes. Il y a dedans l’idée d’une civilisation multimillénaire, la civilisation chinoise, branchée sur une modernité effrayante. En fait, Shanghai, c'est notre réalité à tous, où qu'on se trouve sur la planète. Et on a tous à dealer avec ça. Nous sommes tous en mode zapping entre l'I-pod et les deux trois petite valeurs que nous ont laissé nos grands-parents.  En plus, pour moi, avec l'histoire de la ville de Shanghai, je retrouves la colonisation, avec le quartier français, la concession américaine ou anglaise, dont je suis quelque part l’un des produits. Shanghai, pour moi, représente l'effet kiss-kool du choc entre les cultures traditionnelles dans une réalité super moderne, urbaine à mort. Ce choc-là définit à fond ce que je suis. Et Shanghai en elle-même, c'est la ville de mon cœur et celle d'une fabuleuse histoire d'amour.

MC : Et le Flow dans Shanghai c'est pour quoi ?

MISTER K : Le Flow c’est la quintessence du Hip-Hop. En Hip-Hop, pour moi, l’incarnation du Flow c’est Rakim. C’est le but à atteindre pour tout rappeur. Je traduis Flow par fluidité en français. Quand tu es fluide avec ton rap sur le beat qui sonne derrière, tu as le Flow. Ma définition personnelle explose le cadre du Hip-Hop, Rimbaud avait le Flow par exemple. Hugo aussi avait le flow, si on part sur les classiques. Mais chez ceux-là, le Flow se pose sur une musique interne. Si on aime Rimbaud ou Hugo, c’est qu’on est capable d’entendre leur musique interne rien qu’en lisant leurs textes. En Slam c’est pareil, il n’y a pas de musique et c’est ton Flow qui crée la musique. Le Slam c'est du Hip-Hop  sublimé.

MC : Tu cites Hugo, Rimbaud et Rakim, grand écart quand même. C’est quoi tes influences ?

MISTER K : Je suis super influençable. J’aime tout ce qui résonne en moi. Et si je devais donner le nom de mes influences, il faudrait une encyclopédie pour les citer par le menu. Dedans il y aurait autant de noms connus que de noms inconnus, et dans des domaines aussi divers que la littérature, la vie de tout les jours, les blogs que je lis, jusqu’à l’architecture. La question des influences est nulle pour celui qui s'amuse à créer. Pour un artiste, autrement dit. L’artiste, par nature, est toujours sous influence. C’est un vecteur, un médium, soumis à des influences infinies. Il (ou elle) passe son temps à reproduire à sa façon ce qui résonne en lui.  Son vrai boulot à lui, c’est de définir sa propre voix, ou voie, (t’as vu, la langue française confond les deux à l’oral).

MC : Donc tu te considères comme un artiste ?

MISTER K : Pas. D’une part, c’est déjà se limiter grave que se dire artiste, et c’est super prétentieux. Tout le monde est artiste. Chaque être humain à la capacité de créer, d’inventer et de proposer des voies nouvelles. En se sens, chaque être humain est un artiste. Ce qui est intéressant en français, c’est les mots “artiste” et “artisan”. Qu’est ce qui distingue l’artiste de l’artisan ?

MC : L’artiste crée et l’artisan fabrique ?

MISTER K : Pour de vrai, les deux créent et les deux fabriquent. La seule différence est dans la tête des gens, dans la distinction élitiste que l’on peut faire entre l’un ou l’autre. C’est une distinction qui s’appuie sur des représentations d’un ordre social établi. C’est zéro. Chaque être humain est artiste et artisan en même temps. La différence entre artiste et artisan n’existe que par rapport à la langue qui emploie deux mots différents pour finalement désigner la même réalité.

MC : Donc tu te définis comment par rapport à ce que tu viens de me dire ?

MISTER K : Un être humain, je peux pas te dire mieux. Qui exploite comme il peut sa sensibilité personnelle et qui tente de l’exprimer comme il peut.

MC : Et toi c’est le Blog ton moyen d’expression. Pourquoi ?

MISTER K : Le Blog au départ, c’était parce que j’étais nomade. Je n’avais que ce moyen pour laisser une trace de ce que j’écrivais. En déménageant souvent, je n’avais plus de traces de mes écrits, j’écrivais toujours sur des feuilles. A droite et à gauche, des feuilles que je perdais toujours entre deux mouvements. Le blog, au départ, c’était une façon de toujours retrouver mes écrits où que je me retrouve.

MC : Tu emploies le passé, donc tu n’es plus nomade alors ?

MISTER K : Je me suis « sédentarisé » depuis trois ans.

MC : Ça te dis qu’on se revoie pour continuer cette interview ?

MISTER K : Sans problèmes, quand tu veux.

MC : Prépares toi à des questions plus pointues.

MISTER K : Sur genre ?

MC : Sur ta vision du métissage, par exemple. :)

MISTER K : Sans oublier ma recette secrète pour réussir un bon tajine-poulet curry...

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01 juillet 2008

Donnes Moi Une Seconde

My_Second_Reality_by_p_h_o_e_n_y_x
My Second Reality by Phoenyx

Donnes moi une seconde, juste un moment,
laisses moi te dire un mot,
juste un mot.

Mais tu n’as pas le temps, trop pressée,
juste le temps pour nos regards de s'entrecroiser.

Tu me fuis sans le vouloir,
et moi je voudrais te garder dans mon histoire.

Avant de te voir,
j’étais seul sur mon miroir,
depuis que j’ai vu tes yeux, ton sourire et tes lèvres,
je vois leur doux reflet quand je me rase le matin. 

J’aimerais juste te prendre, une fois,
te prendre une fois seulement la main.

Que tu ressentes la chaleur que ton sourire m’inspire,
mais ta main m’échappe sans que tu le veuilles vraiment,
sans que j’aie le temps de tout te dire.

Moi, j’aimerais juste faire éclore dans ton cœur
les mots que tes yeux pondent dans mon cœur.

Tes yeux, ton sourire, ta bouche qui ne me connaissent pas encore,
un monde de caresses gardées en moi, juste pour toi.

Alors que tu ne me connais même pas,
et que tu me souris tout juste,
chaque fois que je passe devant toi.

Tant de mots qui se bousculent aux portes de mon flow
alors que je ne connais même pas ton nom,
et que quand je te vois,
et que j’oses te parler,
je te vouvoies.

Quand tu me dis “bonne soirée”,
je réponds “à vous aussi”,
alors que mon cœur rêve de vous dire “I love you Baby”,
et de te serrer dans mes bras.

Tant, tant et tant de choses que j’aimerais vous soupirer,
tant de pensées soyeuses que j’aimerais vous sussurer.

Donnez moi juste une seconde,
juste une seconde prise dans nos regards croisés,
pour que je puisse juste vous dire :

Je t’aime.

mister_k_signature13

Donnes Moi Une Seconde - 06/08'
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