Shanghai Flow

Bloggy Poetic X-perience

21 décembre 2007

Krumping over Africa

    Plus bas, j'ai un texte, Krump Poetry. Inspiré par l'énergie que l'on peut voir ici.

    Cette vidéo* illustre bien la vitalité de la culture noire, américaine en l'occurrence. On fait souvent le lien entre les manifestations culturelles noires américaines et l'Afrique. Mais c'est plus qu'un lien.

    La culture populaire noire américaine est la perpétuation des bases culturelles issues de l'Afrique. Ces bases culturelles, ces codes particulier que revêt l'expression humaine, existent dans L'Amérique noire à l'état brut, largement inconsciente. Et chaque fois que les circonstances  le permettent, elles s'expriment. C'est la réactivation des bases culturelles africaines dans le cadre d'une expression, toujours renouvelée.

    Dans cette vidéo, un exemple précis illustre ce que je viens de dire. A plusieurs reprises, les danseurs viennent "provoquer" ceux qui jouent du tambour. La relation danseur-tambour date de la nuit des temps. Une confrontation-complémentarité que l'on retrouve dans toutes les manifestations de la culture africaine. Il suffit d'avoir vu ce qui se passe avec le gwo-ka ou même la relation breakeurs-dee-jay dans les prémisses du Hip-Hop. Les principes de base de la danse africaine se retrouvent transcendés avec des danseurs de Krump issus des quartiers noirs américains de Los Angeles en 2004.

    Réactivation des bases culturelles africaines dans le cadre d'une expression, toujours renouvelée. Même après l'horreur de l'esclavage, le dénigrement permanent des cultures dominantes, la culture africaine, puissante en elle même, continue de produire au travers de ses arrières petits enfants. Même inconscients de leur héritage, ils perpétuent les racines culturelles. C'est un miracle qui nous fait encore admirer aujourd'hui des Bob Marley ou des James Brown.

    Le blues, le jazz, le Hip-Hop et maintenant le Krump sont des exemples de ce miracle. Les exemples s'étendent et valent pour toutes les cultures noires issues d'Afrique. Salsa, mento, capoera, kompa, gwo ka etc... et la, je n'implique que la musique.

    C'est en regard de cela que l'expression Africain-Américain ne se réduit pas qu'à un concept identitaire. C'est une réalité culturelle qui s'étend à tout le "nouveau-monde".

    Ce qui met en lumière, une fois de plus, que la vitalité culturelle s'exprime toujours par le peuple, il n'y a de culture vivante que la culture populaire. En tout cas de mon point de vue. La culture intello vient toujours après, avec son corolaire de cocktails cheap, de coke et de mauvais suchis servis aux divers vernissages.

    Pour ceux qui se poseraient la question, le Krump est au breakdance ce que le bouddhisme zen est au bouddhisme tibétain, ce que le soufisme est à l'islam ou pour être plus clair et laïque, ce que le ragga est au reggae ou le steak frites au Big Mac.

    Le breakdance tend à préférer l'amplitude de l'expression corporelle par des mouvements techniques élaborés, hyper stylisés et complexes. Je peux mesurer cette complexité car je suis rentré dans la culture Hip-Hop par le biais du breakdance. Le Krump en revanche concentre tout sur l'énergie interne et la manifestation radicale de cette énergie dans le mouvement. Il n'en est pas moins stylé, juste plus concentré dans l'exploitation de l'énergie.

    Ceux qui dansent dans la vidéo au dessus sont les Krumps Kings (qui portent très bien leur nom). Le documentaire Rize de David LaChapelle est une bonne introduction au Krump**.

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* Détails de la vidéo : Extrait de The Healing Concert, tenu à Washington DC, en Septembre 2006 avec le groupe Farafina Kan et Les Krump Kings.

**A ne surtout pas voir la version doublée en français, ça fait trop pitié.


   

Posté par Kline à 12:00:00 PM - Bits & Pieces - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

mersi, mignon barzh
oui la transdanse est un héritage de l'humanité
du flow incarné
c'est beau et magique
la poésie se passe de définition justement - on la reconnaît quand on tombe dessus/tombe dedans!
A gwir galon, kendalc'homp da zañsal!

Posté par Ólöf, 21 décembre 2007 à 11:21:29 PM

Merci beaucoup pour cette découverte. Je m'empresse de rechercher ce documentaire. ;)

Posté par kwaame, 24 décembre 2007 à 05:05:09 PM

Ondule

Cest une veritable TRANShumance que tu nous fais vivre (trans: au dela / humus: pays), tu nous TRANSporte au sein dune culture, dune TRANSE qui nous eveille bien plus quelle nous endort: une veritable anarchie des sens!!!! Beau cadeau de fin dannee!

Posté par cazejo, 25 décembre 2007 à 08:41:22 AM

Ciné-Brousse

Le film de LaChapelle est magnifique, bien léchée comme pouvait l'être ses photos...
Par contre je ne l'ai vu qu'en français et c'est vrai que c'est fort dommage... Je n'ai donc pas réussi à le voir en entier.
Mais pourquoi donc le voir dans de tels conditions ?
Il était projeté en plein air lors de séances gratuites par l'opération "un été au ciné" dans les quartiers de Nouméa l'an dernier...
Une belle initiative de nos institutions du pays

Posté par Gwen, 26 décembre 2007 à 02:42:47 AM

terrible le krump!
de quoi-se fracasser le dos sans complexes-libérer aussi bien de choses.

Posté par madame chocolat, 09 janvier 2008 à 10:32:55 PM

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