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Pict by rOckFaiiry

L’autre jour, je t’ai revue. Et la vérité c’est que tu es toujours aussi belle qu’au premier jour où je t’ai rencontrée. Tu étais alors un rêve aux yeux en amandes, au corps éblouissant de grâce et sur tes lèvres d’amour je lisais des mots de tendresse et des phrases délicieuses plus légères que des papillons dans mon cœur. Tu es toujours aussi belle qu’au premier jour. En ce temps là, nous avions la vie devant nous et le soleil brillait sur nos nuits amoureuses. Et la lune se levait pour nous deux à midi pour fleurir d’argent nos gestes tendres l’un envers l’autre.

L’autre jour, je t’ai revue au détour d’une rue et mon cœur s’est compressé, serré par l’étau des souvenirs. Pourtant Dieu seul sait comment tu m’a fait souffrir. Souffrir est peu, vraiment peu, comparé au déchirement de ma vie quand tu m’a dit « Je m’en vais ». Et sans toi, du jour au lendemain mon chemin est devenu une jungle peuplée d’un milliard de mes angoisses. Des monstres de feu m’accostaient en disant vouloir me brûler. Des êtres au sang d’alcool me souhaitaient la bienvenue dans leurs bouges où la lumière était tamisée d’éclats de solitude. J’étais seul et notre appartement était devenu un désert privé de ta présence, une tombe qui m’avait pour seul fantôme et un champ de bataille où je n’étais plus armé. J’ai morflé grave. Et je suis tombé sans honneur. Seul et désespéré comme un Don Quichotte qui n’a même plus de moulins à combattre. J’étais comme Superman enfermé dans un cercueil de kryptonite. Et dans cet enfer je suis resté trois ans.

L’autre jour je t’ai revue. Comme tu es belle ! Tes yeux se sont détournés de moi et c’est comme si mes souvenirs avec toi me lacéraient l’âme. Autant de douleur dans un seul mouvement de paupières. Quand tu m’a quitté, et ce verbe n’est qu’un euphémisme pour traduire l’abandon, j’étais comme tétanisé par la vie. A chaque pas que je faisais sans toi un gouffre s’ouvrait devant moi. Malgré ma force de caractère, malgré mon instinct de survie, ma vie était suspendue à tes derniers mots : « Je m’en vais ». Et avec toi, en refermant la porte sur tes valises, ma vie s’en allait en prenant l’ascenseur pour descendre de notre vie. Je sais que j’aurais du dire à ce moment là : « Ne pars pas, je vais changer, je vais te plaire encore, je vais tendre la main pour décrocher la lune pour tes beaux yeux en amandes. » Mais je n’ai rien dit. J’étais anéanti. Mon âme, mon cœur et mon corps tombaient dans le gouffre de l’annonce de ton départ. Et pourtant, Dieu seul sait à quel point l’abandon est la virgule qui rythme ma vie depuis l’enfance. Mais on ne s’y fait jamais vraiment. Jamais vraiment.

L’autre jour je t’ai revue. Je mesure maintenant le temps qui est passé. Je mesure le temps gâché. Et le temps gagné sur le dos de mes tourments. Moi qui courrais aussi vite que l’étoile filante après mes rêves d’un autre monde, je ne voyais pas ta douleur d’être aux côtés d’un inconscient. Oui, j’étais inconscient du bonheur de voir tes yeux en amandes s’ouvrir au petit matin près de moi. J’étais inconscient de bien d’autres choses encore. Mais c’est ainsi. Je ne fais que poser mes pieds dans ce monde. Mon cœur est toujours en quête de ciel nouveau et d’incertitudes assumées. C’est ainsi que je suis. Je suis le premier à le constater. Donne moi un ciel bleu et j’y peindrais des orages. Donne moi un nuit noire et j’y mettrais des étoiles. Je n’ai qu’un seul regret, celui de ne pas avoir été celui que tu voulais. Mais j’ai fait de mon mieux. Au point de me faire pousser des sabots de taureau alors que je suis plus à l’aise avec des ailes portées sur mon flow.

L’autre jour je t’ai revue. Tu es toujours aussi belle mais quoi qu'il en soit, tu seras bien plus heureuse dans ce monde sans moi. Je le sais. C’est toi qui me l’a fait comprendre. It's life. Et c'est cool.

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Mister K
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