J'ai regardé vos blogs la mine dépitée, l'œil las, le clic fatigué
de ci de là des "moi-moi" trop usés
pixellisés par trop d'egos projetés en pleine face sans pudeur mais que dis-je

et toi qui hier encore mangeait ce bon plat de moules frites
aujourd'hui ta déveine est d'avoir croisé Germaine
ta voisine de palier qui as toujours un truc méchant à dire sur le voisin du dessus
pas mal comme scoop mais la prochaine fois craches lui dessus et écris juste ça va !

ou toi qui hier encore t'indignais sur cent lignes de ces petits beignets
vendus sous plastique dans cette échoppe peu recommandable
où le vendeur écoute du hip-hop et n'essuie pas les tables
en plus peu serviable, grognon, pas mignon, boutonneux, t'as posté : "un vrai con !"
aujourd'hui t'as le blog niaiseux, taiseux, le pixel vitreux
et ta prose qui commente la photo de ton chat assoupi
mérite un dernier clic de ma souris pour l'exit

ma souris morte à force de naviguer sur ces écran
baignant de la sueur de mondes en SMS
de ça de là quelques SOS vaseux pas vraiment lancés
et très souvent de la prose sponsorisée skyrock
boboland où encore otaku paradise bazzar des impressions en toc
en tout cas une verve H.S

rien pour vraiment exciter mes neurones
juste quelques bonbons couleur mangas
l'orient high-tech comme suppositoire
en supposant encore que vos histoires, même noires,
sur ma peau fassent naître le frisson

mais que dit donc Manon ce soir perchée dans son manoir
elle blogue à donf
blagues à l'humour sans espoir défoncé au spleen dérisoire
c'est du déjà fait ça Manon et en plus ça rime avec passoire

cruelle est la réalité de nos virtualités
lorsqu'elles tentent d'afficher nos volontés d'exister malgré le noir

j'ai dans vos blogs champêtres tenté d'exister cherchant le souffle
malgré le surf canalisé voulu par des canards laqués
qui ont noms "moteurs de recherches" et "indexation"
ces laquais maîtres de vos réalités chroniquées si peu niquées
tant sont nos vers de pixels fumés
en dedans la vie, en dehors la mort
en deçà le bruit en dedans les pleurs tristes d'un ailleurs épuisé
qui s'étire d'archives en archives remplies de notes passées
comme une arche de Noé qui sur d'autres écrans flotte

ma prose surfe sur vos blogs crispés
vos vies bloquées
vos blagues usées
sucées par liens hypertextes interposés entre du sexe et du réchauffé sauce blasé
je croque un bout d'écran mes dents crispées mon clavier terni
j'ai trop regardé vos blogs l'œil vitrifié par vos mots jaunis vos jipeg vomis

mais au détours d'un hasard l'exception surgit posée en lame de fond
aux confins d'un lien cliqué par dépit
le bonheur surgit celui d'un écran ou chaque pixel de finesse est sculpté
un mot, une image ou un lien en forme de clin d'oeil naturel et tant aimable
saveur du hasard on line quand vos blogs affichent des erzatz précieux de beauté...

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monsieur kline juin 2005
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